Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
15/08/2018 n 21:19
SOCIALn Article n°307.1 n 06:46 n 02/02/18 n Editeur : csv
2 février 2018
Position de la CIMADE en vue des états généraux des
migrations


Suite au constat d’une dramatique aggravation des conditions de vie des migrants, un collectif de 470 associations, dont le MAN, s'est constitué pour organiser les états généraux des migrations au printemps 2018.

-


Voici le texte d’analyse de la situation présenté par la Cimade lors de la conférence de presse de novembre 2017 annonçant cette ini­tiative des États Généraux des Migrations :

"Deux marqueurs se dégagent assez fortement des six premiers mois de politique migratoire menée par fa nouvelle majorité au pouvoir.

Premier marqueur
Nous sommes face au déploiement d'une politique migratoire qui est et se veut, d'abord et avant tout, une politique répressive d'éloignement, avec comme objectifs : empêcher à tout prix les personnes migrantes d'entrer sur le territoire français ; exercer un contrôle tous azimuts et un « tri » des personnes migrantes qui sont déjà présentes sur le terri­toire pour pouvoir en expulser le plus grand nombre possible. Un ac­cueil en matière d'asile et d'immi­gration existe en France, mais cet accueil n'est absolument pas à la hauteur des enjeux ; il est de plus en plus restrictif (notamment dans ses conditions d'accès) et ne fait pas le poids face au versant répres­sif extrêmement dominant de la po­litique migratoire conduite aujourd­'hui. Cette politique des six pre­miers mois, dans le prolongement des précédentes mais certainement de façon plus accentuée, a d'abord été une politique de la dissuasion, du contrôle, du tri, de l'expulsion.

Deuxième marqueur
En lien avec le premier et avec effet aggravant, cette politique s'est me­née, de façon répétée et dans des proportions inégalées ces dernières années, au mépris du respect des droits fondamentaux des personnes migrantes, au mépris du droit et des décisions de justice, au prix du harcèlement de celles et ceux qui leur viennent en aide.

Le cocktail de ces deux marqueurs - politique répressive d'éloignement et affranchissement du droit - a été et est dramatique pour les person­nes migrantes. Ainsi, au niveau na­tional, et pour ne prendre que quel­ques exemples :

- L'État refoule à la frontière des personnes migrantes sans qu'elles puissent faire valoir leur droit à de­mander l’asile.

- Des mineurs isolés sont laissés sans protection alors qu'ils sont sur le territoire français.

- Des personnes migrantes à la rue sont empêchées de subvenir à leurs besoins fondamentaux (accès à l'eau, douche, nourriture...), leurs biens sont détruits, quand elles- mêmes ne sont pas violentées pour être dispersées.

- Les mises à l'abri, quand elles sont proposées par l'État aux personnes migrantes en errance, sont systéma­tiquement conditionnées par une logique de tri pouvant amener ces personnes à se retrouver rapide­ment en centre de rétention admi­nistrative ou assignées à résidence. Pas de mise à l'abri par seul devoir humanitaire stricto sensu. Le princi­pe d'un accès inconditionnel à un hébergement d'urgence quelle que soit la situation administrative de la personne est ici honteusement dé­voyé.

- Les centres de rétention adminis­trative (CRA) fonctionnent à plein régime avec son corollaire, une ex­plosion de violations des droits. Ain­si, dans six des neuf CRA où inter­vient La Cimade, depuis début octo­bre, 41% des personnes enfermées ont été libérées par des juges qui ont sanctionné des pratiques admi­nistratives illégales (personnes pro­venant de pays en guerre, person­nes relevant de la procédure Du­blin...). De quel État de droit s'agit-il quand près d'une personne sur deux a été enfermée en toute illé­galité ?

- Le nombre de familles avec en­fants placées en rétention est mon­té en flèche.

- L'État en vient même à envisager de se servir de mesures détournées pour lutter contre l'immigration irré­gulière. Un exemple édifiant : la loi de lutte contre le terrorisme. Via notamment les possibilités de contrôle aux frontières élargi prévu dans le cadre de cette loi, l'État ne cache pas que ces contrôles partici­peront de la lutte contre l'immigra­tion irrégulière. Il est à craindre une généralisation du contrôle au faciès et une chasse aux personnes sans papiers qui ne dit pas son nom.

Au niveau international et euro­péen, l'État français n'a pas été en reste et a même été assez proactif ces six premiers mois. Deux exem­ples :

- Une accélération des discussions/ négociations relatives à l'externali­sation des contrôles via notamment les pays de transit (réunion par le président de la République de chefs d'états africains et européens du sud pour principalement aborder la lutte contre l'immigration irrégulière et le contrôle des frontières avec, de plus, la nomination d'un ambas­sadeur chargé spécifiquement de ces sujets). L'État négocie ainsi avec des pays dans lesquels les droits des personnes migrantes ne sont pas du tout garantis et des maltraitances sont avérées. Même si la prise de conscience a un peu évolué ces derniers jours, il était même envisagé de considérer la Libye comme un partenaire fiable en la matière...

- L'annonce de l'accueil de 10 000 personnes réfugiées, identifiées par le HCR dans leur pays d'origine, dont 3 000 à partir du Tchad ou du Niger, cache en réalité une révision à la baisse des engagements d'ac­cueil de la France pris en 2015 en matière de réinstallation et de relo­calisation.

Pour finir ce bref tableau de six premiers mois de politi­que migratoire, il est utile d'évoquer rapidement les informations connues concernant le futur projet de loi asile-immigration qui de­vrait être soumis en conseil des ministres en janvier 2018 (aucun texte diffusé à ce jour mais une présentation par le ministère de l'Intérieur à plusieurs de nos asso­ciations, des grandes lignes envisa­gées). Les contenus annoncés de ce projet de loi viennent malheureuse­ment corroborer et accentuer forte­ment la tendance des six premiers mois.

Outre deux ou trois améliorations en termes de protection, des mesures régressives importantes sont au pro­gramme. Entre autres : intronisation de la notion de pays tiers sûr, ré­duction du délai de recours à la CNDA (Cour Nationale du Droit d'Asile), possibilité de placer en réten­tion les personnes « dublinables » avant même que soit connue la dé­cision de l'État responsable, généra­lisation d'une mise à l'abri assortie d'un contrôle-tri des personnes hé­bergées, allongement de la durée de la retenue administrative de 16 à 24 heures, allongement de la durée de la rétention de 45 à 90 jours (prolongeable au moins une fois pour 15 jours)...

Ces six premiers mois et les annon­ces liées au projet de loi à venir au­gurent de durcissements considéra­bles s'agissant de la politique migra­toire qui entend être menée ces pro­chaines années en France."

Intervention de La Clmade, lors de la conférence des Etats généraux des migrations 21 novembre 2017

Edité par csv, le 02/02/18 à 07:03

Commenter l'article 307 g 0 commentaire(s)
ESPACE REDACTION
Identifiant : Mot de passe:
RECHERCHE
Dans la rubrique >
Sur tout le site >


Rejoignez le MAN Aveyron sur les réseaux sociaux

-

Page Facebook du MAN Aveyron








cercle de silence

-

dernier mardi du mois
cercle de silence

Rodez
Préfecture
18 h








Se former à la régulation non-violente des conflits, c'est possible :

-

Télécharger la plaquette de présentation des IFMAN



-

Ce site a été développé et est hébergé par l'association ""Naucelle Web Site"

Google


conflitssansviolence.fr
www
1398 articles
sont en ligne
sur le site
COURRIER n © Conflits Sans Violence 10177

Système Interactif Rédactionnel et Editorial * SIRE v2 Evo * © Hubert Plisson 2004-2007 *  Naucelle Web Site