Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/04/2019 n 07:09
SOCIALn Article n°291.1 n 18:24 n 19/12/16 n Editeur : csv
19 décembre 2016
Le MAN demande la libération immédiate des Artisans de
la Paix au Pays Basque


Communiqué du MAN :

"Le MAN s’indigne de la manière dont le gouvernement français arrête des militants non-violents acteurs de Paix au Pays Basque.

-
Pétition en faveur des artisans de paix

Alors que le pouvoir est incapable de permettre un processus de démilitarisation de l’ETA, il s’en prend aux citoyens qui veulent aboutir à l’arrêt des actions violentes tout en demandant plus de démocratie pour le Pays Basque.

Déjà en décembre 2015 le gouvernement avait utilisé les mesures anti terroristes contre les citoyens qui ont manifesté pour un engagement fort de la COP21.

Avec ce nouvel événement c’est une agression honteuse contre des manifestants non-violents qui essayent, malgré l’incapacité manifeste du gouvernement, de faire avancer la lutte contre le terrorisme et contre le dérèglement climatique, deux des dangers majeurs qui menacent notre pays aujourd’hui.

Nous constatons que l’utilisation de la force policière est davantage appliquée contre des manifestations non-violentes et les lanceurs d’alerte que contre les réseaux d’évasion fiscale bancaire.

Faire taire toute opposition citoyenne est le but de la criminalisation des actions sociales et non-violentes.

L’arrêt des actions violentes a été décrété de manière unilatérale par l’ETA. Mais le processus d’un règlement politique du conflit au Pays Basque passe par la destruction des stocks d’armes et d’explosifs de cette organisation. Aussi face à l’incapacité ou à la mauvaise volonté de l’État de travailler aux conditions de leur destruction, des personnalités se sont engagées dans une action de démilitarisation citoyenne.

L’action de destruction d’armes qui a été menée par les faiseurs de paix vendredi 16 décembre 2016 au soir relève d’une démarche non-violente, transparente et courageuse pour faire avancer ce processus de paix.

L’arrestation de Txetx Etcheverry, co-fondateur de Bizi, d’Alternatiba et d’ANV-COP21, montre comment le gouvernement veut instrumentaliser la lutte contre le terrorisme pour étouffer les revendications citoyennes non-violentes, à l’instar des régimes dictatoriaux dans le monde.
Il est évidemment plus facile et médiatique d’arrêter des citoyens non-violents qui agissent à visage découvert en les présentant comme affiliés à une organisation terroriste que de vrais terroristes clandestins.

Ces arrestations et les déclarations officielles de victoire contre le terrorisme qui les accompagnent sont une honte pour l’état français. Ils sont du même niveau de propagande mensongère que lorsque Poutine affirme lutter contre le terrorisme en Syrie en massacrant les civils d’Alep.

Le MAN réaffirme son soutien aux actions non-violentes menées par les organisations comme Bizi, Alternatiba-ANV COP21. Ces actions montrent le chemin d’une citoyenneté responsable face aux manœuvres politiciennes des responsables politiques français."

Complément d’informations

Dans la nuit de vendredi 16 au samedi 17 décembre 2016, à Louhossoa, cinq personnalités engagées, parmi lesquelles Txetx Etcheverry, co-fondateur de Bizi, d’Alternatiba et d’ANV-COP21, Michel Berhocoirigoin (co-fondateur et ancien président de Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la chambre d’agriculture alternative du Pays Basque), Stéphane Etchegaray (vidéaste), Béatrice Haran-Molle (journaliste) et Michel Bergougnian (coopérateur viticole) ont été arrêtées dans le cadre d’une action citoyenne de neutralisation des armes de l’ETA (organisation armée indépendantiste basque), visant à pallier l’absence d’implication des Etats français et espagnol dans cette entreprise de désarmement, nécessaire au déroulement du processus de paix au Pays Basque.

Deux de ces artisans de la paix, Txetx Etcheverry et Michel Berhocoirigoin, ainsi que Michel Tubiana (président d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), avaient rédigé une lettre expliquant leur démarche. Cette lettre a été transmise à la presse qui l’a publiée suite à leur arrestation :

“La société civile a pris ses responsabilités et a déclenché le démantèlement de l’arsenal militaire de l’ETA”

Dans cette lettre, ils déclarent : « Nous nous situons en intermédiaires entre une organisation armée avec laquelle nous n’avons aucun lien ni subordination, et un État que nous voulons amener à réfléchir. (…) Nous avons décidé de prendre nos responsabilités avec la conviction que cela peut être utile à la paix. C’est pourquoi, nous avons proposé à l’organisation ETA de transférer à la société civile la responsabilité politique de la destruction de son arsenal militaire. Nous avons choisi de le faire de manière publique et assumée, à l’instar des engagements dont nous sommes porteurs. Ces engagements sont publics et transparents. Ils sont caractérisés par l’implication personnelle, le souci de la démocratie, le choix de la non-violence ».

Pour appeler à leur libération immédiate, signez la pétition


Communiqué commun :

Nous protestons contre le traitement réservé à Txetx Etcheverry (co-fondateur de Bizi, d’Alternatiba et d’ANV-COP21), Michel Berhocoirigoin (co-fondateur et ancien président de Euskal Herriko Laborantza Ganbara, la chambre d’agriculture alternative du Pays Basque), Stéphane Etchegaray (vidéaste), Béatrice Haran–Molle (journaliste) et Michel Bergougnian (coopérateur viticole) arrêtés dans la nuit de vendredi 16 au samedi 17 décembre 2016, à Louhossoa, lors d’une opération conjointe des polices françaises et espagnoles.

En agissant ainsi, les autorités françaises et espagnoles ignorent le processus initié par les sociétés civiles des deux côtés des Pyrénées, préférant arrêter des militants non-violents qui œuvrent de manière publique pour la paix et le désarmement dans la région. Expliquée dans une lettre rendue publique le 17 décembre 2017, leur démarche ne mérite nullement que ces artisans de la paix soient l’objet de telles poursuites dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte pour « association de malfaiteurs terroriste »,« infraction à la législation sur les armes en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste » et «infraction à la législation sur les explosifs en bande organisée et en relation avec une entreprise terroriste ».
Nous invitons les autorités à faire preuve de discernement et de clairvoyance : les militant.e.s arrêtées, qui ont choisi une démarche non-violente, avec lesquels nous partageons certains engagements communs, ne sont ni des malfaiteurs ni des terroristes. Ils sont au contraire d’infatigables artisans de la paix que nous soutenons dans cette épreuve. Nous appelons l’ensemble des organisations de la société civile, personnalités, intellectuels, artistes, et l’ensemble des citoyen.ne.s à s’associer à cet appel et à signer la pétition en ce sens :

Pétition de soutien aux Artisans de la Paix


Premiers signataires : Aitec-Ipam, Alternatiba, Amis de la Confédération paysanne, Amis de la Terre, ANV-COP21, Assemblée européenne des citoyens, Attac France, Cedetim, Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID), Confédération Paysanne, Emmaüs France, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP), Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne (MRJC), Les Désobéissants, Surfrider Foundation Europe, Syndicat des Avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Droit au Logement (DAL), Village Emmaus Lescar-Pau …

Communiqué de Non-Violence XXI :

"C’est avec stupéfaction que nous avons appris l’arrestation de Txetx (Etcheverry), personnalité membre de Non-Violence XXI, alors qu’il menait une action de neutralisation d’un arsenal d’armes de l’ETA. Il a été arrêté avec quatre autre personnes dans la nuit du 16 au 17 décembre au pays Basque lors d’une action visant à soutenir le processus de paix au pays Basque.

Organisée de manière totalement non-violente, cette action a été expliquée et publiquement assumée dans une lettre écrite préalablement, signée par les auteurs de l’action et transmise le jour même à un média local. Aucune personne n’a été menacée ou malmenée. Les faits reprochés relèvent donc d’une démarche non-violente, transparente et courageuse, pour faire avancer le processus de paix.

Non-Violence XXI n’a pas vocation à prendre position sur les choix politiques qui ont présidé à l’organisation de cette action. Mais nous, coprésidents de Non-Violence XXI, affirmons que ces arrestations sont injustes et contre-productives pour la paix au pays Basque. En conséquence, nous demandons la libération immédiate des personnes interpellées ainsi que l’arrêt des poursuites."

Anne-Catherine Bisot, Patrick Lesauvage et François Marchand, coprésidents de Non-Violence XXI.
Edité par csv, le 19/12/16 à 18:40

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