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Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/03/2019 n 17:21
SOCIALn Article n°247.1 n 06:04 n 08/10/15 n Editeur : csv
8 octobre 2015
COP 21 - Le dérèglement climatique - Tous concernés -
Comment agir ?


Une Conférence de Geneviève Azam était organisée 15 septembre 2015 à Sébazac par le MAN et ATTAC en partenariat avec le CCFD Terre Solidaire, la Ligue des droits de l'Homme dans la perspective de la COP 21(21ème Conférences des Parties de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques) organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Geneviève Azam est maître de conférences en économie et chercheuse à l'Université Toulouse II. Elle est par ailleurs ,militante écologiste et altermondialiste au sein de l'organisation ATTAC France dont elle est un des 3 porte-parole.


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Nous sommes submergés par les défis économiques, sociaux auxquels s'ajoutent des défis écologiques. Nous sommes face à un véritable problème de civilisation.

On connaissait une situation dite « normale », suivie d'une crise, puis un retour à une situation « normale », mais du fait du changement climatique on ne retrouvera pas une situation « normale ». On ne peut pas revenir en arrière. On peut s'adapter mais on n'arrête pas la crise. On peut diminuer les gaz à effets de serre, on ne peut pas éliminer, modifier ce qui existe déjà.


La volonté de toute puissance des Hommes mise à mal par le dérèglement climatique

Le dérèglement climatique nous rappelle qu'on se heurte à notre volonté de toute puissance.
Nous qui pensions être maîtres de nos actes, nous découvrons que nous ne maîtrisons rien, que nous sommes dépendants. Nous sommes dans une crise irréversible de la domination. Si nous restons dans la trajectoire actuelle c'est à terme la vie humaine sur terre qui est menacée.

Nous sommes la première génération à découvrir que l'humanité ne va pas de soi qu'elle est menacée comme nous le montre divers rapports scientifiques. La vie humaine est en danger si nous ne changeons pas nos modes de produire, de consommer, notre rapport à la justice et à la solidarité.

On prend conscience des fragilités des humains, on voit les secousses en Europe par l'arrivée des réfugiés. En 2050 on prévoit qu'il y aura 250 millions de migrants climatiques à l'intérieur des pays et entre pays.

Nous sommes nourris de l'individualisme tout puissant et tout à coup nous sommes en défaut de puissance.


Le changement climatique à l'œuvre

Ce changement climatique il est possible de l'observer à l'œil nu, fonte de la banquise..., même dans nos Pyrénées par exemple, sécheresses... Il est également visible dans nos vies relationnelles. Il y a des réfugiés climatiques, des peuples disparaissent déjà. C'est non seulement la fragilité des éco-systèmes qui est en jeu mais c'est la socio-diversité qui disparaît.

Entre le sommet de la Terre à Rio en 1992 et 2014 les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 60%, la température a augmenté de 0,85° en un siècle. La fonte des glaciers de l'Himalaya a de très graves conséquences sur les fleuves de l'Inde et de la Chine.

D'après les climatologues on ne doit pas dépasser une augmentation de plus de 2° pour s'adapter au changement or, si nous continuons sur le mode de vie actuel l'augmentation sera de 4 à 6°.

Les océans sont les principaux capteurs de carbone, du fait du réchauffement océanique profond, il y a un seuil où les océans ne peuvent plus absorber le carbone et le rejettent.

Il y a beaucoup de ressources fossiles non exploitées or, pour limiter l'augmentation de la température à 2° il faudrait laisser sous le sol 80% des réserves connues d'énergies fossiles.

Lors du passage de la période glacière à la période inter-glacière la température a augmenté de 3° à 7° mais cela a duré 200 000 ans. Actuellement le problème majeur c'est le temps.

Ce changement climatique ne correspond pas aux changements déjà connus dans l'histoire car il est le résultat de l'activité humaine.


Cette situation n'est pas une fatalité, ce sont des choix depuis plusieurs siècles.

Nous avons fait le choix du charbon, du pétrole, du gaz, du gaz de schiste et on a abandonné le soleil, le vent... Ce sont des choix de société. Nous avons donc entre nos mains d'autres choix possibles.

Le néo libéralisme a déconstruit les réglementations environnementales. Nos sociétés sont fragilisées par la crise économique, la crise financière. Ce sont nos cadres de pensée qui sont bousculés et c'est difficile de se projeter dans l'avenir.

Nous sommes confrontés également a un problème de justice climatique : chaque année, un Ethiopien émet 0,10 tonne de CO2, un Européen de 10 à 11 tonnes, un Américain 19 tonnes. Si l'ensemble des hommes de la planète avaient le niveau de vie d'un Européen il faudrait 5 planètes, celui d'un américain 9 planètes. Ce sont ceux qui ont le moins qui subissent le plus.

Nous avons tous la responsabilité de cette Terre dont nous ne sommes pas propriétaires.


Quelles réactions face à cette situation

Première voie : continuer dans la toute puissance. S'il y a tant de fragilités c'est qu'il y a un manque de rationalité. Si la nature ne répond pas à nos besoins refabriquons une autre nature.

Deuxième voie : faire rentrer le cycle de la nature dans le cycle de l'économie et trouver des solutions techniques. La géo-ingénierie climatique c'est à dire l'ensemble des techniques qui visent à manipuler pour refroidir la planète est aujourd'hui considérée, par certains, comme un projet valable. Il est envisagé diverses techniques : capturer le carbone en même temps qu'il est émis, disperser de la limaille de fer dans les océans pour augmenter la captation du carbone, déplacer l'axe de la Terre pour modifier le rayonnement...

Troisième voie : l'acceptation de la limite, de la fragilité, avec la nature, en développant l'agroécologie, l'agroforesterie... Cultiver avec la Terre et non contre la Terre. Des millions d'initiatives sont actuellement en cours dans le monde.


Les négociations de la COP 21

La France va donc accueillir et présider la 21e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015, du 30 novembre au 11 décembre 2015, avec pour objectif de trouver des accords pour maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2 °C.

Les COP ont commencé en 1992, il y en a déjà eu 20. Elles rassemblent 196 parties dans le monde avec comme règle : 1 partie = 1 voix.

En 1997, a été signé le premier traité international à Kyoto juridiquement contraignant. La contrainte c'était la reconnaissance d'une responsabilité globale mais différenciée, en désignant les anciens pays industriels plus pollueurs que les autres. Le projet était de diminuer de 5,2% les émissions de gaz à effet de serre pour ces pays industriels. On était dans un contexte positif pour la finance, la chute du mur de Berlin, le développement de la connaissance, de l'économie de l'information, de informatique (il faut rappeler qu'il faut 32 métaux précieux différents pour fabriquer un ordinateur).

L' Europe s'est mobilisée à Kyoto pour que le traité soit contraignant. Les États Unis se sont opposés et ont argumenté sur le fait que les entreprises auraient des problèmes de compétitivité par rapport aux autres pays.

A Kyoto, on a introduit le mécanisme du marché du carbone c'est à dire donner aux entreprises des droits d'émissions avec des quotas, des entreprises peuvent vendre leur droit à produire du carbone. Autre mécanisme, la flexibilité, c'est permettre aux entreprises des pays industriels de développer dans un autre pays des projets de développement « propres » ( ex implantation de parcs éoliens) qui permet de calculer les émissions évitées donc l'entreprise gagne des crédits carbone. Ex : Monsanto gagne des crédits en plantant en direct du soja transgénique au Brésil.

Cependant les États Unis n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto qui devait prendre fin en 2012.

A Copenhague en 2009 alors que les États sont censés s'accorder sur le nouvel accord climatique post 2012, la COP se solde par un échec. Les pays industriels ont souhaité se débarrasser de la responsabilité invoquant le développement de la Chine. C'est l'abandon d'un accord international contraignant. En 2011 ont commencé les négociations pour la COP 21 de 2015 à Paris.

Le GIEC précise que d'ici 2050 les émissions devraient diminuer entre 50 et 80% pour limiter le réchauffement à 2°C.

Comme on fait le constat que les traités internationaux sont impossibles, on parle maintenant de déclarations volontaires des pays à remettre en mars 2015. Il n' y a pas, pour ces déclarations, de cadre contraignant ni de période de référence précise. Sur 196 parties, il y en a aujourd'hui seulement 60 qui ont fait leurs déclarations.

Les États Unis s'engagent pour 2030 à une diminution de 28% ainsi que le Japon, le Canada, l'Australie. L’Union Européenne s'engage à une diminution de 40% entre 1990 et 2030.

Avec les déclarations actuelles on est sur un réchauffement de 3 à 5°. Il n'y aura pas d'accord sur les énergies fossiles car les lobbies d'énergie sont très puissants . Les États continuent à donner des milliards pour la prospection d'extraction d'énergies fossiles.
Ce qui est possible à Paris c'est un effort sur le financement du Nord vers le Sud par un fond vert qui serait également alimenté par des fonds privés.

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Agissons partout où nous sommes

De plus en plus de mouvements sociaux, d'ONG, d'institutions, de personnalités, se mobilisent pour cette prise de conscience Nous ne pouvons pas nous contenter d'attendre un accord international car c'est plus du sursaut citoyen alternatif à partir des expériences, des processus locaux que ça bougera. Il y a une intensification importante de nombreuses initiatives dans le monde au niveau individuel et collectif.

Dans de nombreuses villes de France et en Europe des événements festifs « Alternatiba » s'organisent autour de centaines d'alternatives déjà en cours pour susciter la prise de conscience, des changements de comportement et faire pression sur les décideurs dans la perspective de la COP 21.

Une grande marche est prévue à Paris le 28 novembre, un tribunal pour juger les crimes climatiques le 4 et 5 décembre.

Une campagne de désinvestissement des énergies fossiles propose la signature en ligne de la pétition «  Laissons les fossiles dans le sol. Pour en finir avec les crimes climatiques »
Dans cet appel, cent personnalités appellent à une insurrection climatique. Il faut laisser les énergies fossiles dans le sol, ne plus les extraire et cessez de les subventionner.
La lutte contre le gaspillage massif dont l'énergie relève de la responsabilité individuelle et collective. Il ne suffit pas de dire « on va recycler » car pour le recyclage il y a de grandes pertes.

Le pape vient de publier l'encyclique « Laudato Si » sur « la sauvegarde de la maison commune », c'est très important pour les catholiques du monde entier.

A Istanbul il y a un mois, un symposium a réuni une soixantaine de responsables musulmans de 20 pays différents qui ont publié une « Déclaration musulmane sur le changement climatique »

Il est temps de modifier notre regard de s’organiser partout où nous sommes.

Il ne faut rien négliger de ce qui est à notre portée.

Télécharger le compte-rendu sous pdf

Edité par csv, le 09/10/15 à 05:47

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