Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/03/2019 n 17:17
RELATIONNELn Article n°36.1 n 09/04/11 n 21:52 n Editeur : csv
21 mai 2011
L'autorité aujourd'hui : Pourquoi ? Comment ?


Plus de 200 personnes ont participé à la conférence sur le thème « L'autorité aujourd'hui : pourquoi ? Comment ? » organisée le 8 avril 2011 à Sébazac, près de Rodez par le MAN Aveyron et l'IFMAN Sud-ouest. L'intervenant était François Lhopiteau, directeur de l'IFMAN Normandie-Bretagne.

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Au cours de cette soirée, quelques notions importantes autour de l'autorité dans l'éducation ont été évoquées dont quelques éléments ont été repris ci-dessous. Certains participants avaient pu approfondir ces notions la veille dans le cadre d'une journée de formation organisée par l'IFMAN.

L'autorité, de par son étymologie, signifie faire grandir et non écraser ou soumettre. Mais cette éducation n'est pas toujours un chemin facile pour les parents et éducateurs...

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Besoins et désirs de l’enfant : apprendre la frustration

Face à une demande, il importe en préalable de bien distinguer ce qui est du domaine du besoin ou simplement du désir. Manger est du domaine du besoin. Un très bon repas peut être du domaine du désir... Si le désir est notre force de vie, il a aussi la particularité qu'à peine satisfait, il renaît de ses cendres.

Nos désirs ne peuvent être tous satisfaits. Le plus souvent, pour nous adultes c'est notre porte-monnaie qui en fixe les limites. L'enfant ou l'adolescent ont besoin de limites que nous parents ou éducateurs leur posons. Si tous nos désirs sont satisfaits, nous devenons des tyrans !

L'enfant, par l'éducation, doit donc apprendre... la frustration. Cette éducation passe par une parole. Le jeune enfant qu'on le laisse à la garderie et qui ne veut pas quitter ses parents, a besoin d'entendre que cette séparation n'est que momentanée et qu'un de des parents va tout à l'heure venir le rechercher : « la parole mise sur la frustration de son désir se réalise ». Dès sa plus jeune enfance, il a besoin d'entendre énoncer les règles qui vont le faire grandir.

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Apprivoiser ses émotions

Lorsque l’on énonce des règles, cela ne se passe pas toujours bien... les pièges de l'autoritarisme ou bien du laxisme guettent le parent ou l’éducateur. C'est là qu'intervient la nécessaire compréhension des émotions. Celle de l'enfant et celle des parents.

En permanence, nous ressentons. Les émotions, ces mouvements intérieurs, non volontaires, nous habitent. Nous ne maîtrisons pas toujours la situation... Des mots ou des cris partent.

Ces émotions nous disent quelque chose de la révolte ou de l'impuissance que nous vivons ou que l'enfant vit, face aux limites, lorsqu’il n'obtient pas ce qu'il veut. Ces émotions doivent être apprivoisées (telles des animaux sauvages !), ou mises à distance. L'enfant en colère peut vouloir s'en prendre aux autres. Il peut être bon qu'il aille un moment dans sa chambre pour faire redescendre la tension et l'émotion.

Pour le parent, c'est souvent de dire non qui est difficile...

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Règles et sanctions

Que faire lorsque l'enfant refuse la règle et la limite ?

Tout d’abord, la redire et la « re-redire » à de nombreuses reprises... Eduquer c'est souvent répéter.

S'il y a un vrai refus d'entendre, une contrainte va être nécessaire : celle de la sanction. Non une punition qui fasse souffrir, frappe, humilie... et appelle la soumission... ou la vengeance.
Plutôt une sanction qui donne du sens, qui explique, qui aide à faire sienne la règle dont on a compris le sens, à devenir citoyen.

Mais dans l'urgence, l'enfant ou l'adolescent a peut-être besoins de calmer d'abord son émotion, retrouver son calme, par exemple dans sa chambre ou dans coin tranquille de la classe.

Parfois, il y a eu une victime de l'acte posé. Cela demande alors réparation. Cette réparation doit aussi avoir du sens et rétablir la relation ou la relation à la collectivité.

Il n'y a pas tant besoin de morale que de donner à réfléchir sur la règle. Une grande imagination et un travail collectif sont souvent nécessaires pour trouver l'acte de réparation à proposer qui donne à réfléchir plutôt que de flanquer une bête et souvent inefficace punition.

Parfois aussi, celui qui a transgressé essaye de dire -ou de se dire à lui-même – quelque chose qu'il n'arrive pas à formuler. Il n'a pas besoins qu'on lui répète une leçon de morale qu'il connaît déjà. Au parent ou à l'éducateur de lui tendre une perche. Plutôt que de lui demander pourquoi il a commis tel acte (il ne le sait pas lui-même), il est intéressant de lui demander ce qui l'habite à ce moment là et comment il se sent.

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Dans la pratique, ce n'est pas si facile...

Des formations sont proposées pour mettre en pratique ce qui est souvent plus facile à dire qu'à faire. Pour étudier collectivement des situations et chercher des solutions.

Chacun fait ce qu'il peut, avec ce qu'il est « et c'est déjà pas si mal ! » Mon autorité, c'est les limites que je pose et où l'on vient me cherche, souvent en appuyant sur là où ça fait mal... (« C’est mieux chez les autres ! »)

Mes « limites » peuvent changer. Je n'éduque pas mon premier enfant comme j'éduque le second ou le troisième... L'important est que la limite que je pose ait du sens pour moi, là où j'en suis, qu'elle reflète ce que je crois, au moment où je la pose.

C'est souvent dans l'urgence que je dois décider si j'autorise ou non. A moi, si j'ai des doutes, d'écouter ce que je sens.

Eduquer à deux (couple) ou à plusieurs (équipe éducative) pose des difficultés propres. Il est nécessaire d’en parler entre parents ou éducateurs. Se redire que chacun est différent même si on se met d’accord.

Il y aura toujours des brèches liées à ces différences. L’enfant ou l’adolescent saura les trouver, lui qui cherche sans cesse à vérifier s’il y des limites et des règles.

Le plus difficile, c’est sans doute de se dire entre adultes nos limites, nos difficultés parfois à faire respecter quelque chose. Sans dialogue et confiance dans l’équipe, pas de véritable autorité éducative…

Les désirs de l’enfant ont parfois bien sûr besoin d’être exaucés. Parfois aussi, l’enfant a besoin de rencontrer une parole qui met une limite. Mais dans ce difficile métier d’éducateur, afin de parvenir à vivre au mieux son autorité, chacun a d’abord à prendre soin de ses émotions.

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Edité par csv, le 21/05/11 à 20:31

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