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POUR APPROFONDIRn Article n°113.1 n 22/10/15 n 18:27 n Editeur : csv
22 octobre 2015 - Srdja Popovic
Comment faire tomber un dictateur quand on est seul,
tout petit et sans armes ?


Lu sur Arte.info.tv, un interview de Srdja Popovic du mouvement CANVAS et ancien leader d'OTPOR : "Que faire ? – Le manuel de l'activiste 2.0"

"Pas besoin d'être ennuyeux pour faire la révolution. Se faire tabasser par les gros bras du dictateur peut vous rendre sexy. Et pour renverser un régime bien installé, mieux vaut commencer par s'attaquer aux crottes de chien, à l'augmentation injuste du prix des crêpes ou à la taxe sur le sel que de lancer des cocktails molotov.


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"Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes" (aux éditions Payot) n'est pas un pénible traité de sciences politiques pour guérillero en manque de coup de feu. Peuplé de formules assassines et d'anecdotes amusantes, c'est un manuel 2.0 pour toute personne indignée qui se croit impuissante face aux grands méchants. C'est aussi le fruit de centaines d'heures passées à former des activistes venus du monde entier. Des opposants qui, tous, ont commencé à dire à Srdja Popovic et aux autres tombeurs de Milosevic : "La Serbie et Otpor !, c'est très bien, mais chez nous, ça ne marchera jamais."

"Toutes les dictatures se fondent sur les mêmes choses" , explique le fondateur de l'ONG Canvas. "La corruption, le népotisme, la mauvaise gestion, les injustices sociales, la violence et la peur." En s'inspirant notamment du théoricien de la non-violence Gene Sharpe, Canvas a construit des méthodes pour bien préparer ses actions, éviter les erreurs qui seront exploitées sans pitié par les régimes autoritaires, et faire tomber la peur.

D'abord : l'humour, le meilleur antidote. Les militants de Solidarnosc déjà dénonçaient la propagande d'Etat en promenant aux heures du JT leurs poste de télé dans des brouettes dans la rue - action explicite mais inoffensive, aucune loi n'interdisant une telle promenade digestive. Après 15 ans de "dérisionnisme", Popovic en est convaincu : "Les flics ne sont pas préparés à gérer des gens rigolos", et s'en trouvent déstabilisés.

Ensuite, "choisir des batailles assez importantes pour compter, et assez petites pour être gagnées". Exemple : Gandhi qui s'oppose d'abord à l'injuste taxe britannique sur le sel avant de s'en prendre au colonialisme. Ou le Californien Harvey Milk qui se fait d'abord élire sur un programme anti-déjections canines avant de devenir le héros des luttes homosexuelles. Au contraire, Popovic critique le jusqu'au-boutisme des étudiants de Tien An Men, qui n'ont pas su s'arrêter après les premières concessions du PC chinois. Ou les Fémen, très médiatiques mais peu rassembleuses.

Utiliser les moyens de son époque : la vidéo de la jeune Saoudienne qui défia le pouvoir en conduisant sans autorisation d'un homme fit via les réseaux sociaux le tour du monde. Et ne jamais négliger le marketing : logo, affiches, relations publiques sont indispensables pour devenir incontournable. Popovic critique ainsi le nom et le concept du mouvement Occupy - "une fois que vous avez occupé Wall Street, vous faites quoi ?". Alors que leur slogan, "nous sommes les 99% ", était en soi le plus fédérateur possible.

Et surtout, Popovic insiste sur la non-violence, à la fois pour ne pas défier les dictatures sur leur terrain d'excellence, et pour ne pas s'aliéner "les grand-mères, les médecins, les curés de provinces, les poètes", bref les grandes masses indispensables pour renverser la minorité qui dirige. Popovic se souvient que les concerts de casseroles de mamies indignées terrifiaient les CRS de Milosevic qui se voyaient mal charger ces fragiles retraitées sous le regard des caméras.

Tout en étant fort drôles, Popovic et ses amis sont donc des réalistes. Ils se félicitent que leur manuel de formation en farsi ait été téléchargé 17 000 fois avant les grandes manifestations iraniennes de 2011. Ils analysent froidement les succès des militants égyptiens sur la place Tahrir en 2011 et leur échec à prévoir l'après-Moubarak, laissant ainsi la place aux forces mieux organisées, les Frères musulmans et l'armée. Et quand on leur demande où seront les prochaines révolutions, ils conseillent de suivre attentivement les évolutions au Venezuela, et en Birmanie."

Lire aussi : "K2, un destin d'activiste birman"

Ecouter sur France Culture : "Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit, et sans armes" (6 octobre 2015)
Edité par csv, le 22/10/15 à 19:19

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