Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/02/2019 n 17:13
POUR APPROFONDIRn Article n°40.1 n 18:07 n 16/03/10 n Editeur : csv
8 juin 2011
Jean-Baptiste Libouban, les faucheurs volontaires et la
désobéissance civile...


Jean-Babtiste Libouban, qui est à l'origine du mouvement des faucheurs volontaires (7000 membres), lors du rassemblement sur le laezac de 2003, était invité à témoigner de son expérience de "désobéissant" et susciter une réflexion sur ce sujet, le 27 mai 2011. C'était au restaurant "la cascade" de Salles-la-Source (12), dans le cadre des "jeudis en question" organisés chaque mois dans le Vallon de Marcillac, devant une cinquantaine de participants...

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Quelques phrases entendues au cours de la soirée :

- "Les rois n'ont de pouvoir que celui que l'on veut bien leur accorder" (La Boétie)

- Déléguer notre pouvoir tous les cinq ans à des députés ne nous retire en rien notre responsabilité face aux lois.

- Citoyens et juges peuvent aussi contribuer à faire changer des lois.

- Désobéir en conscience est le fondement de la citoyenneté.

- Pour qu'une loi soit respectée, il faut qu'elle soit respectable

- S'il est grave de désobéir à la loi, qui est une entente entre nous, il est encore plus grave de ne rien dire quand le bien commun est en question.

- Nous avons par exemple, le devoir que nous donne la constitution de protéger l'environnement.

- Nos avocats ont trouvé dans le droit français "l'état de nécessité". La nécessité fait le droit. Un acte moralement inacceptable devient juste lorsqu'on est dans une situation ultime où il n'y a pas d'autres moyens. Ainsi par exemple à Mulhouse, vers 1950, un tribunal avait relaxé une femme qui avait volé du pain pour nourrir ses enfants.

- Les droits sont relatifs à des situations et donc évolutifs.

- Des minorités agissantes ont fait évoluer le droit, ont fait comprendre que quelque chose dans la loi ne correspondait plus à notre époque. Ainsi de l'obtention du droit de vote pour les femmes ou bien encore de celui à l'avortement.

- Face à un acte de désobéissance, on peut se poser la question : pourquoi désobéissent-nous ? Est-ce par profit personnel ? Par plaisir ou par rage contre la société ? par facilité alors qu'on aurait pu faire autrement ? Si nous évitons ces écueils,si nous restons dans des actions symboliques, si nous respectons les forces de l'ordre, notre action devient difficile à contester.

- Quand on a essayé tout l'arsenal des moyens légaux, les pétitions, les tracts, les visites dans les ministères, les manifestations et que rien ne bouge, la désobéissance peut devenir un moyen. Ce n'est pas la réponse à tout. C'est exigeant.

- Parce que j souhaite la confrontation, j'espère passer devant un tribunal. J'agis à découvert et on va en parler.

- Nous avons besoin des médias mais attention qu'ils ne nous fassent pas passer pour des vandales ou des casseurs.

- Désobéir c'est aussi soulever la chappe de plomp que constitue la peur du juge, du gendarme, du qu'en dira-t-on, de perdre ses biens...

- L'expérience des faucheurs volontaires nous a montré une très grande solidarité entre nous : lorsque quelques uns od'entte nous ont ét poursuivi, tous ceux qui vaient participé à l'action es ont présentés comme "comparants volontaires" pour demander à être aussi poursuivi pour le délit auquel ils avaient eux -aussi participé. Lorsqu'on nous a exigé 200 000 € de dommages et intérêts et que le domicile de l'un d'entre nous a été saisi, nous avons réussi à récolter les 200 000 €. Au total nous avons collecté, en 7 ans, 1 million d'euros qui nous ont permis de payer tous les procès.

- Une action de désobéissance civique est citoyenne, démocratique, civique et vise à transformer les lois.

- Avec les faucheurs volontaires, on a toujours payé les dommages et intérêts que la justice nous a demandés.

- Nous avons souvent rencontré des juges, des gendarmes, parfois des avocats de la partie adverse d'accord avec nous. Parfois des procureurs ont essayé de nous défendre contre les juges...

- Il faut bien mesurer l'intérêt d'une action de désobéissance civile à l'aune du soutien que nous pensons avoir dans l'opinion publique et de la répresssion qu'elle peut provoquer. On n'est pas là pour faire des martyrs... Cela fait partie de l'analyse du contexte que l'on pratique dans les luttes non-violentes. Dans le cas des OGM que nous fauchions, nous savions que nous avions un soutien très fort de l'opinion publique.

- J'ai été témoin lors du procès des jeunes qui se sont couchés sur la voie du train des déchets nucléaires et qui ont eu des tendons coupés et des brûlures au troisième degré lors de l'intervention de la police pour les déloger.

- De la façons dont on saura s'opposer aux lois iniques, se construira la société et les gouvernements de demain.

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En fin de soirée, ont été aussi évoquée la marche pour la cascade de Salles-la-Source, le 18 juin, de Salles-la-Source à Rodez ainsi que le forum du MAN qui sera organisé à Rodez en août 2012.
Edité par csv, le 08/06/11 à 12:55

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