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POUR APPROFONDIRn Article n°94.1 n 12/10/14 n 16:26 n Editeur : csv
20 octobre 2014
Rémy Cazals évoque les pacifistes en 1914-1918 - 1) les
mouvements engagés


Le 2 octobre 2014, l'historien Rémy Cazals était présent à Sébazac, invité par le MAN Aveyron pour évoquer la question du pacifisme durant la guerre de 1914-1918. Vous en trouverez ci-après la première partie du compte rendu :

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En préalable à son exposé, Rémy Cazals rappelle qu'on ne peut juger les événements de 1914 avec l'état d'esprit d'aujourd'hui. Ce serait de l'anachronisme. Pour se resituer dans cette époque, se rappeler qu'en 1914 :

- L'Allemagne, bien que sous un régime autoritaire est paradoxalement plus en avance socialement que la République Française.

- Au point de vue technique, le grand moyen de transport de cette époque est le chemin de fer, avec un réseau très dense.

- Malgré la Révolution Française, il y a encore beaucoup de restes de la vie de la Cour de l'Ancien Régime à laquelle ressemble la vie du grand monde parisien.

- Un de ces héritages de l'ancien régime est l'importance de l'Armée. le Service militaire est obligatoire en France comme en Allemagne.

- Les femmes n'ont pas le droit de vote et passent très peu le baccalauréat et d'ailleurs seule une petiote élite, essentiellement masculine le passe à cette époque là.

- Les pays européens ont d'importantes possessions coloniales.

- La guerre n'est pas exclue entre les grandes nations coloniales.

Les pacifistes au début du XXème siècle

Ne seront pas évoquées ici les positions individuelles mais celles des deux principaux groupes organisés en faveur de la Paix :

"La Paix par le droit"


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"la Paix par le Droit" est d'abord une revue. Pour ce groupe, de la même façon que dans un état la loi fait respecter la paix entre les individus par la loi, ils veulent que les même principes fonctionnent au niveau des nations et que els conflits soient réglés par un arbitrage internationale.

Et à la même adresse que cette association, est logée la "Société Française pour l'arbitrage entre les nations".
On y trouve aussi sous le même toit, la bibliothèque, la bibliothèque Frédéric Passy, avec notamment des ouvrages pacifistes du nom de ce grand pacifiste, qui obtint d'ailleurs le prix Nobel de la paix en 1901.

Ces trois organisations sont financées par la fondation américaine du milliardaire Carnegie. Il y a des bureaux de cette fondation à Paris mais aussi à Rome, à Londres, à Berlin...
Ces financement permettent de financer un secrétaire. A Paris, il s'appelle Jules Puech, originaire du Tarn.

Il faut aussi citer la Ligue des Droits de l'Homme, qui ne loge pas sous le même toit mais est souvent constituée des mêmes hommes.

Les responsables de "la paix de la Droit" sont souvent des médecins, des avocats, des professeurs.

Les responsables de la Société pour l'Arbitrage entre les nations, fondée par Frédéric Passy comprend certains membres en commun avec les précédents. On y retrouve aussi les écrivains Henri Barbusse, Anatole France, le sénateur d'Estournelles de Constant, le mathématicien Paul Painlevé ou encore le général Sébert, leader du mouvement espérantiste.

La paix par le droit a aussi un caractère international.


"L'Association internationale des travailleurs"


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Quand on dit "international", on pense surtout à l'association internationale des travailleurs, la deuxième de ce nom, qui se réunit en congrès, comme ici sur la photo, à Londres en 1896, 7 ans après sa création. On y devine Jaurès...

Le document de droite est de 1913, de la CGT du Havre, qui présente un soldat français et un soldat allemand qui se tiennent la main, crient "Plus de frontière, à bas la guerre" et tiennent le fusil avec la crosse en l'air, signe de refus de la guerre et de mutinerie.

Cette internationale a au départ un programme socialiste et pacifiste car elle sait que si la guerre gagne, ce sont les gens ordinaires, les ouvriers, les paysans qui vont se faire massacrer.

A la veille de la guerre de 1914, la Chambre des députés, sous la poussée de l'aile nationaliste décide de faire passer le service militaire de 2 ans à 3 ans.

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Et Jean Jaurès que l'on voit ici, lors d'un de ces meetings colossaux du Pré-Saint-Gervais, explique, comme il la fait dans la dépêche du midi ety dans l'Humanité, que cette règle est INUTILE, on n'a pas besoin de trosi nas pour former des soldats, COUTEUSE, car avec cet argent on pourrait faire des lois sociales, et pour la retraite et DANGEREUSE, car elle montre que la France entre dans la course aux armement, incitant les autres nations à en faire de même.

Jaurès a aussi fort à faire avec l'extrême gauche du parti, et Gustave Hervé, fondateur de la revue "La Guerre Sociale", qui se surnomme lui-même "sans patrie" et qui est contre les patrons, contre l'armée etc. Jaurès ne l'aime pas et critique "les outrances de langage, cette fausse énergie des mots violents qui compromet les idées justes". Il se ralliera par la suite au parti de la guerre...

le choc de l'été 14

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Ces deux grands mouvements pacifistes vont être complétement surpris et bouleversés par le choc, la crise de l'été 1914.

La guerre de virtualité devient réalité, la diplomatie échoue, Jaurès, le grand pacifiste est assassiné, le 31 juillet 1914.
Voici deux citations qui illustrent ce que beaucoup de leurs contemporains ont ressenti :

Jaurès écrit dans son dernier article qu'il envoie à la Dépêche du Midi, le 30 juillet 1914, "Quelle misère pour la race humaine ! Quelle honte pour la civilisation ! Une sorte de stupeur et une révolte voisine du désespoir. Quoi ! C'est à cela qu'aboutit le mouvement humain !"

Et Louis Barthas, simple tonnelier dans un village du Minervois écrit dans ses carnets : "La mobilisation générale, prélude de la guerre, la guerre maudite, infâme, déshonorante pour notre siècle, flétrissante pour notre civilisation dont nous étions si orgueilleux".

les historiens sont partagés sont partagées sur les responsables de la guerre : les Allemands ? ou les Serbes et les Russes, comme le laisse entendre le livre de l'Australien Christopher Clark, "les Somnambules" (2013) et dont le titre montre les dirigeant européens marchant sans savoir où ils vont et qui se retrouvent tout d'un coup en pleine guerre sans moyens de pouvoir l'empêcher.

les dirigeants du SPD allemand qui se sont embourgeoisés et tiennent à leur statut, n'apportent aucun soutien aux grandes manifestations de masse contre la guerre (il y en a eu plus en Allemagne qu'en France).

Autre conséquence, on décrète "l'Union sacrée" avec ses conséquences : plus de conflits sociaux, politiques ou cléricaux.

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Le bourrage de crâne commence avec par exemple, parmi d'innombrables exemples possibles, cette Une du Petit Journal de mai 1915 qui montre une idée totalement erronée de la guerre, comme à l'époque de napoléon. Les cartes postales, l'école, les sermons vont dans le sens de cette propagande intense toujours rappelée que l'on appelle Bourrage de Crâne et son complément indispensable, la censure.

Quelques uns cependant échappent à ce bourrage de crâne comme Louis Barthas, dont on reparlera, Henri Charbonnier, sergent d'infanterie, qui écrit : "la guerre, une honte pour l'humanité" ou Charles Patard qui écrit à son frère : "Si on avait écouté Jaurès".

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Suite : "l'exemple de Marie-Louise Puech et Louis Barthas"







Edité par csv, le 25/10/14 à 15:38

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