Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
22/03/2019 n 04:30
POUR APPROFONDIRn Article n°3.1 n 21:34 n 19/07/09 n Editeur : csv
Jean-Marie Muller
La désobéissance civile dans une démocratie

19 juillet 2009

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Jean-Marie Muller, écrivain, était l'un des trois défenseurs d'Alain Refalo lors de son passage en commission disciplinaire le jeudi 9 juillet. Il a notamment rappellé le sens de la désobéissance civile dans une démocratie :

"L'une des finalités de la désobéissance civile, c'est de faire appel à l'opinion publique, de l'informer et de la sensibiliser afin qu'elle se mobilise pour faire pression sur les décideurs.

L'un des buts de la désobéissance civile est de créer un débat public au sein de la société civile afin d'interpeller les décideurs politiques. La finalité de la désobéissance civile, c'est de mettre une cause à l'ordre du jour de la société civile afin qu'elle soit mise à l'ordre du jour de la société politique.

Là se trouve la légitimité de la désobéissance civile dès lors que le débat des citoyens sur la place publique est le fondement même de la République et de la démocratie. Dans une démocratie développée, le pouvoir législatif appartient d'abord au peuple et le citoyen a toujours le droit de faire entendre sa voix pour venir discuter publiquement le bien-fondé des lois édictées par le gouvernement.

La seule légalité procédurale d'une loi ou d'une directive ne suffit pas à garantir sa légitimité. Légalité ne vaut pas légitimité. Oui, Monsieur le Président, la République est une et indivisible, mais ce qui fait l'unité de la République et son indivisibilité, ce n'est pas l'obéissance aveugle des citoyens à la loi, ce qui fait l'unité de la République et son indivisibilité c'est une loi qui garantit la justice pour tous.

C'est la loi injuste qui menace la République et non pas la désobéissance des citoyens à une loi injuste.

Le citoyen a des devoirs et des droits moraux autres que les devoirs et les droits juridiques fixés par la loi. En bonne philosophie personnaliste, la loi est faite pour l'homme et non l'homme pour la loi.

Le devoir et le droit de l'homme à obéir à sa conscience, qui fondent son devoir et son droit de désobéir à une loi qu'il juge contraire aux exigences de sa conscience, sont intangibles. Ils ne devraient souffrir aucune controverse. Mettre en question ce devoir et ce droit, c'est déjà porter atteinte à la dignité de l'homme, c'est déjà mettre à mal les valeurs fondatrices de la République et de la démocratie.

Un fonctionnaire, plus encore que tout autre citoyen, doit être un homme responsable avant d'être un sujet obéissant. Et un homme responsable obéit aux exigences de sa conscience avant de se soumettre aux injonctions de l'État. L'honneur d'un fonctionnaire ne saurait être d'obéir servilement à la loi.

Il est grand temps qu'en France il soit reconnu dans la déontologie des fonctionnaires de l'État que ceux-ci ne sont pas tenus à se soumettre aveuglément au devoir d'obéissance hiérarchique, mais qu'au contraire, ils ont l'obligation morale d'apprécier les conséquences de leur obéissance et de désobéir dès lors que leur conscience professionnelle l'exige. Il nous faut aller jusqu'à concevoir clairement que, dans ce cas, ce serait une faute grave d'obéir contre sa conscience.

L'histoire l'a amplement montré, ce qui menace la démocratie, ce n'est pas la désobéissance civile des citoyens, mais leur obéissance servile. Dans cette perspective, le grand philosophe allemand Jürgen Habermas n'hésite pas à affirmer : « Il est nécessaire que la désobéissance civile soit acceptée comme composante de la culture politique d'une communauté démocratique développée. » Refuser de reconnaître la légitimité de la désobéissance civile, c'est s'en tenir à une conception archaïque de la démocratie, c'est être en retard d'une démocratie."


Source (plaidoirie intégrale sur le site de Résistance pédagogique)
Edité par csv, le 20/07/09 à 07:35

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