Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
23/04/2019 n 14:14
LU POUR VOUSn Article n°5.1 n 26/04/08 n 21:47 n Editeur : csv
Albert Jacquard
Comment haïr celui que l’on détruit sans savoir qui il
est ?


Le regard d'Albert Jacquard
25 avril 2008

-Le rejet de la violence pour régler les différends entre les communautés humaines est surtout nécessité par le changement même des conditions mêmes de l’emploi des moyens mis en place au service de cette violence.

La vision en direct des horreurs de la guerre contribue à rendre celle-ci inacceptable.

Au départ les arc, puis les arbalètes, puis les canons, ont permis une distanciation entre les combattants, mais ils pouvaient encore avoir l’impression de participer à un même évènement qui se déroulait sur un même lieu : le fameux champ de bataille !

Le bombardement de Paris par le canon dit « la grosse Bertha » en 1917-18 a sans doute marqué l’entrée d’une autre forme de rapports guerriers.

Les artilleurs allemands pouvaient tout ignorer des fidèles catholiques qui assistaient aux vêpres dans l’église de Saint Gervais. Et pourtant, c’est leur obus qui a massacré ces gens.

Cette distance est devenue plus grande encore avec les bombardements par avion.
Une formule de l’armée américaine, mais qui peut être acceptée par toutes les armées sans doute, exprime bien cette séparation en 2 domaines : d’une part, celui qui brandit la violence, qui tue, et d’autre part, celui qui la subit et qui meurt. Les deux domaines s’ignorent.

La formule, c’est : « Fire and forget !»
C’est ce qu’on dit au pilote qui transporte l’arme et qui doit la lancer.
Oui : « tu appuies sur le bouton et tu oublies ». Autrement dit « tu ne dois rien savoir, tu ne dois rien chercher à savoir, même pas imaginer les suites du bouton sur lequel tu as appuyé ; ce qui va se passer par la suite : cela ne te concerne pas.
Celui qui déclenche la violence est ainsi dégagé de toute responsabilité. Il n’est plus un combattant. Il est l’équivalent d’un tueur à gage, celui qui tue sans savoir qui. Il fait des gestes prévus. Il obéit aux ordres. Il est irresponsable.

Mais qui donc alors est responsable ?
Les guerres actuelles ne sont plus que des tueries où la violence n’est même plus l’excuse de la haine.

Comment haïr celui que l’on détruit sans savoir qui il est ?

La différence devient imperceptible entre ces combats réels et ceux des petits jeux à l’ordinateur que nos enfants aiment tant.

Le risque est grand d’une confusion dramatique : dans les petits jeux électroniques, les morts se relèvent. Dans les vrais combats, ils sont définitivement anéantis.

Le regard d'Albert Jacquard - France Culture - 25 avril 2008

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Edité par csv, le 26/07/08 à 16:05

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