Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
23/04/2019 n 15:00
INTERNATIONALn Article n°238.1 n 21:12 n 04/10/14 n Editeur : csv
4 octobre 2014 - Hong-Kong
Joshua Wong, 17 ans, porte-parole des manifestations
non-violentes à Hong-Kong


Symbole de cette jeunesse de Hong Kong qui refuse tout diktat chinois, Joshua Wong, 17 ans répond aux intimidations de Pékin par la non violence et la désobéissance civile. Un article de Edgar DASOR, paru dans Ouest-France du 3 octobre 2014 :

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"Hong Kong. Joshua Wong, à 17 ans, il défie Pékin"


"Malingre, tongs et pantalon baggy, le bien élevé Joshua Wong n'impressionne guère. Ses lunettes, ses dents de lapin et sa coiffure sagement informe n'arrangent rien. L'adolescent de 17 ans semble bien inoffensif.

Pourtant, Joshua Wong défie la Chine communiste. Hier, accompagné des 300 autres membres de Scholarism, le mouvement militant qu'il a cofondé, l'adolescent a entamé une marche, bras levés et croisés.

Un signe d'opposition au drapeau chinois, hissé à l'occasion de la fête nationale chinoise, qui tombait justement hier.Sur Twitter, le jeune frondeur a aussi exigé « la démission de Leung Chun-ying, le numéro 1 hongkongais, le retour du suffrage universel direct et l'arrêt de l'intrusion chinoise dans les affaires de Hong Kong. » Rien que ça !

Hyper connecté et pacifiste

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"Joshua Wong, la figure de la contestation hongkongaise "


Pour Joshua Wong, comme pour les dizaines de milliers de manifestants actuellement dans les rues, M. Leung n'est qu'un pantin de Pékin. Surtout depuis que les autorités chinoises ont fait savoir, fin août, que les futurs candidats aux élections générales hongkongaises de 2017 devraient avoir leur absolution.

Jeune, hyper connecté, adepte de la désobéissance civile, Joshua Wong personnifie à merveille cette révolution pacifiste dite des « parapluies ». Ces accessoires sont en effet les seuls moyens de défense utilisés par les manifestants contre les forces de l'ordre.

L'ado continue donc de défier. Peu importent les intimidations de Pékin qui le qualifie d'« extrémiste », d'« agent américain » ou de « bouffon».

40 heures de détention


Peu importe aussi que le week-end dernier, avec 70 acolytes, il ait passé 40 heures en détention pour avoir voulu franchir les barricades érigées dans le complexe du gouvernement de Hong Kong. Joshua n'a pas peur, pas même d'une escalade de la violence. Celle-ci est à craindre depuis que, dimanche, les CRS locaux ont utilisé des gaz lacrymogènes. « Les gens ne devraient pas avoir peur de leurs gouvernants, mais l'inverse », théorise-t-il en citant... le film V pour Vendetta !

Joshua Wong est né en 1996, à Hong Kong, de parents cols blancs et protestants. L'année suivante, l'ancienne colonie britannique, prospère et libérale, était rétrocédée à la Chine. À Pékin, on lui promet une très forte autonomie. Pourtant, Hong Kong multiplie les actes d'allégeance auprès de l'Empire du Milieu.

Militant à 14 ans

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"Jeune, hyper connecté, adepte de la désobéissance civile, Joshua Wong personnifie à merveille cette révolution pacifiste dite des « parapluies »."


Jeune, hyper connecté, adepte de la désobéissance civile, Joshua Wong personnifie à merveille cette révolution pacifiste dite des « parapluies ». Jeune, hyper connecté, adepte de la désobéissance civile, Joshua Wong personnifie à merveille cette révolution pacifiste dite des « parapluies ». | AFP

Élevé dans ce terreau fertile pour la contestation, Joshua commence en 2011, à 14 ans, sa carrière de militant. Avec un camarade de classe, l'ado fonde Scholarism. Ce réseau de jeunes activistes fustige l'introduction de la propagande pékinoise au sein de « cours d'éducation morale et nationale ».

En juin 2012, avec à peine 130 membres, Scholarism parvient à faire descendre dans la rue quelque 120 000 Hongkongais. Le projet éducatif est retiré. « Il y a cinq ans, personne n'aurait imaginé que les étudiants et lesélèves hongkongais puissent s'intéresser à la politique, estime aujourd'hui Joshua. Mais il y a eu un réveil général avec l'affaire de l'enseignement national. »

« Comment peut-on être fier d'être chinois ? »


Et tout récemment, Joshua Wong s'interrogeait dans le quotidien anglophone hongkongais South China Morning Post : « Quand on voit le sort de Liu Xiaobo (intellectuel actuellement en prison et lauréat du Nobel de la Paix), ou les scandales du lait contaminé à la mélamine, comment peut-on être fier d'être chinois ? »

En septembre, Scholarism a encore gagné en crédibilité, en s'associant au lancement d'un mouvement de grève étudiant. Les directeurs de lycées et d'universités ne lui ont opposé qu'un silence complice, et le plus important syndicat enseignant de l'île a même lancé une pétition de soutien aux grévistes.

Cet éveil des consciences a été favorisé par les réseaux sociaux, dont Joshua est devenu un fin utilisateur. Il abreuve quotidiennement Facebook et Twitter de messages, et est parvenu à attirer 100 000 nouveaux utilisateurs sur le réseau FireChat de Scholarism. Cette messagerie mobile permet de communiquer avec les utilisateurs proches de vous. Idéal en cas de manif !

Lutter sans calcul

Malgré ces succès, Joshua Wong, lucide, sait qu'il ne pèse pas lourd face à l'ogre communiste chinois. Ila en tête le funeste exemple de Tian an Men, mouvement réprimé dans le sang, à Pékin, en 1989. « Xi Jinping(l'actuel numéro 1 chinois) n'octroiera pas le suffrage universel aux citoyens hongkongais », reconnaissait-il la semaine dernière dans un journal hongkongais.

Là encore, peu importe. « Nous luttons sans calculer les possibilités de succès, concluait-il. Si vous devez considérer les chances de réussite, c'est que vous n'avez rien à faire dans un mouvement social ou étudiant. »

Source : Ouest-France - 3 octobre 2014


Rappel des faits :

"Hong Kong, ancienne colonie britannique, traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Si la Chine a accepté d'instaurer le suffrage universel lors de la prochaine élection du chef de l'exécutif en 2017, elle entend conserver le contrôle des candidatures, une proposition inacceptable pour les manifestants. En réaction aux violences, les étudiants, fer de lance du mouvement, ont renoncé au dialogue proposé par le gouvernement pour tenter de désamorcer la crise.

Les manifestants occupent depuis une semaine plusieurs sites stratégiques dans les quartiers administratifs, financiers et commerçants de Hong Kong. Ils bloquent également des routes et de grandes artères vitales pour cette ville de 7 millions d'habitants réputée être un havre du capitalisme financier. L'activité économique et le transport sont fortement affectés."
Le Point - 4 octobre 2014

Edité par csv, le 04/10/14 à 21:54

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