Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/04/2019 n 06:50
INTERNATIONALn Article n°3.1 n 18:47 n 10/03/08 n Editeur : csv
Palestiniens et Israéliens face au défi de la violence
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La violence ne fait pas progresser la justice, mais la fait reculer


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Ceci étant, il reste que les objectifs avancés par la Plate-forme sont justes au regard du droit international. Par principe, le respect de ces exigences formulées par les Palestiniens ne dépend pas de la décision des Palestiniens, mais de la décision des Israéliens. Les Palestiniens sont les demandeurs, les Israéliens sont les décideurs. Ce qui appartient aux Palestiniens, c’est de décider quelles sont les initiatives qu’ils peuvent prendre pour créer les conditions politiques qui permettraient de réaliser ces objectifs. Doivent-ils, pour cela, recourir à la violence ? Les faits ont déjà apporté une réponse négative à cette question. Et, comme nous le savons, les faits sont têtus. La réponse des faits, c’est non seulement que la violence ne fait pas progresser la justice, mais qu’elle la fait reculer. Le renoncement à la violence apparaît donc comme l’une des conditions sine qua non pour atteindre ces objectifs. Mais le renoncement à la violence, au-delà de son impact immédiat sur l’opinion publique, ne pourrait se suffire à lui-même. Il permettrait précisément d’inventer et d’expérimenter les méthodes d’une stratégie de résistance non-violente[5]. En définitive, face à la situation qui prévaut actuellement en Palestine, quel est le choix le plus réaliste ? Le choix réaliste est celui qui est à la fois possible, probable et efficace. Le choix de la violence est possible et il est probable. Mais il est inefficace. Le choix de la non-violence est possible et il est efficace. Mais il n’est pas probable. Dès lors, le choix réaliste est de prendre toutes les initiatives possibles pour augmenter les probabilités du choix de la non-violence. Le choix de la résistance non-violente offre une issue « idéale », mais il n’est pas idéaliste. Les Palestiniens qui la choisiront peuvent espérer poser des jalons qui seront utiles quand crimes et ruines auront suscité, face au désastre, une prise de conscience mondiale.

Demain, il sera trop tard

Aujourd’hui, la situation est gravissime, probablement davantage que nous n’osons le reconnaître. Il n’y a pourtant pas de fatalité. Á condition que nous nous efforcions de faire preuve de lucidité. C’est ce à quoi je me suis efforcé. Sans toutefois prétendre y être parvenu.

Aujourd’hui, il s’agit d’éviter le pire. Et le pire, ce serait une explosion généralisée de la violence. Cataclysmique. La communauté internationale doit sans plus attendre se mobiliser pour faire cesser le blocus économique imposé par Israël à la population de la « Bande de Gaza ». La situation humaine et humanitaire est devenue tragique. Absolument. Il faut de toute urgence, sans fixer aucun préalable, nouer un dialogue diplomatique avec les autorités du Hamas qui contrôlent cette zone et faire pression sur les autorités d’Israël. L’idée, qui a prévalu jusqu’à présent, selon laquelle, « on ne dialogue pas avec des terroristes », n’est pas acceptable, aussi contestables, je crois l’avoir suffisamment souligné, que soient les tirs de roquettes. Ceux-ci ne sauraient rester plus longtemps un prétexte à l’inaction de la communauté internationale. Celle-ci sera d’autant plus crédible pour demander un « cessez le feu » aux Palestiniens, qu’elle se sera engagée avec la plus grande détermination pour que soient respectés envers les Gazaouis les simples exigences d’humanité. Toutes les conditions sont remplies pour appliquer le principe d’ingérence humanitaire et démocratique. Demain, il sera trop tard.

Jean-Marie-Muller
Le 26 février 2008


P.S. : 29 février. Les faits sont décidément têtus. Depuis que j’ai fini d’écrire ce texte, les faits n’ont cessé de parler. Très fort. Violemment. Mortellement. Dans la matinée du 27 février, un raid israélien frappe un minibus de la branche armée du Hamas à Khan Younès au sud de Gaza, tuant cinq d’entre eux et blessant un sixième. Un second raid mené sur le même site quelques minutes plus tard fait trois blessés. Le même jour, une roquette de la résistance est tirée de la bande de Gaza et frappe de plein fouet le collège Sapir, au nord de la ville de Sdérot et tue un Israélien. C’est le premier mort israélien depuis la prise de pouvoir par le Hamas à Gaza en juin 2007. Ce tir de roquette, affirme un communiqué du Hamas, est « une réponse au massacre sioniste commis par l’aviation israélienne ce matin à Khan Younès ». Peu après, deux Palestiniens sont tués et deux autres blessés dans un nouveau raid israélien au nord-est de la ville de Gaza. Jeudi, plusieurs raids de l’aviation israélienne sont menés sur Gaza. En deux jours, trente et un Palestiniens sont tués, dont quinze civils parmi lesquels huit enfants dont un bébé de six mois. Jeudi soir, le Hamas déclare avoir tiré 82 roquettes. Deux d’entre elles, ont atteint Ashkemon, une ville de 120 000 habitants située à 40 kilomètres de Tel Aviv. Et les faits ne sont pas prêts de se taire. Et chacun d es deux camps ennemis va continuer à justifier ses meurtres par ses morts. La violence est un engrenage aveugle. « Nous ne saurions rien, écrivait Albert Camus, tant que nous ne saurons pas si nous avons le droit de tuer cet autre devant nous ou de consentir qu’il soit tué. (…) Le meurtre est la question. » Oui, le meurtre est la question posée. A chacun(e) d’y répondre. En toute responsabilité.
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Edité par csv, le 10/03/08 à 19:32

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