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Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/04/2019 n 02:23
INTERNATIONALn Article n°1.1 n 18/08/15 n 06:14 n Editeur : csv
18 août 2015 - Palestine - Israel
Le greviste de la faim palestinien Mohammed Allan sous
le coup de l'alimentation forcée


Le 12 août 2015, la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine a adressé un courrier au ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, concernant la loi israélienne sur l’alimentation forcée appliquée aux prisonniers palestiniens en grève de la faim. Mohammed Allan, avocat de 31 ans est en grève de la faim depuis mi-juin pour protester contre sa détention administrative. Il est dans le coma et risque d’être alimenté de force sous le coup de la nouvelle loi israélienne autorisant l’alimentation de force :

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A Jerusalem, des manifestants protestent contre la détention administrative de Mohammed Allan



"Monsieur le Ministre,

Le 30 juillet 2015, le parlement israélien a approuvé un projet de loi autorisant l’alimentation forcée de prisonniers palestiniens en grève de la faim. Elle va être appliquée très prochainement à l’encontre de Muhammad Allan, avocat de 31 ans en grève de la faim depuis mi-juin. Selon son avocat Jamil Hatib, il proteste contre sa détention administrative qui a débuté en novembre 2014. Il est aujourd’hui dans une situation critique mais refuse toujours de s’alimenter, préférant « mourir dans la dignité » s’il ne peut « vivre libre ».

L’alimentation forcée est définie comme étant un acte de torture par l’Association Médicale Mondiale et est condamnée par les Nations unies ainsi que par le Comité International de la Croix Rouge ainsi que de nombreux médecins israéliens. Cette loi est la réponse du gouvernement israélien aux mouvements successifs de grèves de la faim portant les revendications des prisonniers pour leur libération et l’amélioration de leurs conditions de détention. C’est une nouvelle atteinte à leurs droits fondamentaux.
Israël emprisonne actuellement plus de 5700 Palestiniens en violation du droit international. Ainsi, les détenus palestiniens sont systématiquement transférés dans des établissements situés sur le territoire israélien, en violation des articles 49 et 76 de la IVe Convention de Genève qui prohibe les transferts forcés d’individus hors du territoire occupé. Près de 400 Palestiniens sont en détention administrative.

Les conditions de détention des Palestiniens dans les prisons israéliennes sont extrêmement dures et impliquent un large éventail de violations du droit international humanitaire et de la IVe Convention de Genève : torture, transferts de prisons à prisons, détention administrative, isolement, interdiction de visites, absence de traitements médicaux, et autres mauvais traitements. C’est pourquoi une nouvelle grève de la faim vient d’être lancée par quelque 150 prisonniers, et est en train de s’étendre.

L’alimentation forcée, outre les questions éthiques qu’elle pose, est un moyen d’interdire aux prisonniers palestiniens la grève de la faim, arme ultime, qu’ils utilisent au risque de leur vie, pour faire valoir les droits qui leurs sont déniés par le système judiciaire israélien.

Dans un communiqué commun publié le 8 août 2015, plusieurs hauts responsables de l’ONU s’inquiètent des implications de cette loi sur les droits fondamentaux des Palestiniens à la santé et à la résistance non-violente. Ils demandent l’arrêt du recours à la détention administrative ainsi qu’un procès équitable ou la libération des détenus administratifs.

L’Association Médicale Israélienne et l’Association des Médecins pour les droits de l’Homme-Israël (PHR-Israel) vont faire appel de cette loi devant la Cour suprême israélienne. Cet appel doit être officiellement soutenu par la France qui, en tant que Haute Partie contractante à la quatrième Convention de Genève, doit prendre des mesures urgentes pour amener les autorités israéliennes à retirer cette loi.

Nous vous remercions de l’attention que vous porterez à notre courrier et attendons de votre part les mesures urgentes indispensables. Nous vous informons par ailleurs que nous rendrons cette lettre publique. Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération."

Claude Léostic
Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

_____________


Récit au 17 août 2055 par sur libération.fr:


Mohamed Allan, le gréviste de la faim qui embarrasse Israël


"Après plus de deux mois sans manger, l'avocat palestinien détenu arbitrairement est en danger de mort. Israël aimerait lui appliquer sa nouvelle loi sur l'alimentation forcée mais les médecins refusent.


Il y a deux mois à peine, personne n’avait entendu parler de Mohamed Allan, 31 ans, un avocat soupçonné par le Shabak (la Sûreté générale israélienne) d’appartenir aux «Brigades Al Quds», la branche armée du Jihad islamique, et de préparer des attentats suicide.

Vrai ? Faux ? A Einabus, le village de Cisjordanie où résident de nombreux membres du clan Allan, les liens de cette famille avec le Jihad islamique sont connus. Y compris des services de sécurité de l’Autorité palestinienne (AP). Mais cela ne fait pas de l’avocat un terroriste, sauf pour le Shabak qui l’a placé en détention administrative en novembre 2014.

En prison sans inculpation ni procès

Cette mesure sévère, qui date du mandat britannique sur la Palestine, permet de maintenir un suspect en détention sans inculpation ni procès. Certes, depuis les temps glorieux où le représentant de Sa Gracieuse Majesté régnait en maître sur la région, la procédure a été balisée puisque le mandat des détenus doit être renouvelé tous les six mois par un juge. Sauf que l’examen du dossier se déroule à huis clos et que le Shabak peut transmettre au magistrat des informations «confidentielles» que les avocats du prisonnier n’ont pas le droit de connaître. Ceux-ci se contentent donc le plus souvent de faire de la figuration sans influencer sur le cours du dossier.

C’est pour dénoncer cette opacité et parce qu’il exige d’être jugé publiquement ou libéré qu’Allan a, comme quelques autres avant lui, entamé une grève de la faim en juin dernier. Un mouvement «au finish» qui dure depuis soixante-trois jours.

Une nouvelle loi depuis le 30 juillet

Reconnaissons-le : au début de cette grève de la faim, le sort de celui que le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan (Likoud) présente comme un «dangereux terroriste» n’a pas intéressé grand monde en Israël. La Knesset préparait alors le vote d’une loi autorisant l’alimentation forcée des détenus refusant de s’alimenter et les dirigeants de l’Etat hébreu croyaient que ce texte – adopté le 30 juillet – leur enlèverait l’épine Allan du pied sans soulever beaucoup d’émoi.

Grosse erreur. Car rien ne s’est finalement passé comme Benyamin Nétanyahou et ses ministres le prévoyaient. Opposé à l’alimentation forcée qu’il assimile à de la torture, le Bureau médical d’Israël – l’équivalent de l’Ordre des médecins – a interdit à ses membres de prêter la main à l’administration pénitentiaire.

«Pas payés pour faire le sale boulot de l’Etat»

«Nous ne sommes pas payés pour faire le sale boulot de l’Etat, affirme le docteur Tami Karni, responsable de l’éthique au sein de l’association. Nous mission est de soigner et guérir nos patients, pas de forcer un détenu, fût-il terroriste, à faire ce qu’il ne veut pas.»

Bardé d’une détermination à toute épreuve, Allan fait tout ce qu’il peut pour ne pas devenir le premier «alimenté de force» de l’histoire de l’Etat hébreu. Il y a une dizaine de jours, lorsque son état de santé a commencé à se dégrader, le gouvernement Nétanyahou l’a fait transférer à l’hôpital Soroka de Beer-Sheva en se disant qu’il se trouverait bien là-bas un praticien pour lui enfoncer sous anesthésie une pipette dans le rectum. En toute discrétion.

Dans le coma depuis vendredi

Mais personne ne s’est présenté et, pressé par les protestations outrées de la direction de l’établissement, le ministre Erdan l’a fait transférer à l’hôpital Barzilaï d’Ashkelon, où les chances de trouver un médecin complaisant semblaient meilleures. Nouvelle erreur. Car les médecins d’Ashkelon sont sur la même ligne que ceux de Beer-Sheva.

Entretemps, l’état d’Allan est devenu préoccupant. Voire critique. Après avoir perdu la vue, il est tombé dans le coma vendredi et ne respire plus que grâce à une machine. Quelques heures avant qu’il ne perde conscience, le gouvernement israélien avait pourtant reconnu son fiasco en proposant à Allan un accord aux termes duquel sa détention ne dépasserait pas deux ans s’il acceptait de s’alimenter volontairement. Refus de l’intéressé.

Un recours devant la Cour suprême

Aux yeux des Palestiniens, l’avocat d’Einabus passe désormais pour le nouveau héros de la résistance à l’occupation. Soutenue par les députés arabes israéliens qui défilent à Ashkelon avec la mine sombre de circonstance, sa famille multiplie les interviews. Elle a également désigné son propre médecin – un ancien ministre de la Santé de l’AP – censé valider les soins dispensés au patient. Mais le Shabak lui interdit de pénétrer dans l’hôpital.

Et pour ajouter à tension, les entrées d’Ashkelon se sont transformées en champ de bataille où des dizaines de jeunes Arabes israéliens descendus en autocar de Galilée (nord de l’Etat hébreu) affrontent quotidiennement des militants d’extrême droite exigeant que «le terroriste crève rapido pour que ça ne coûte pas trop cher à l’Etat».

Dimanche, pendant que la police s’escrimait à séparer les deux camps (cinq blessés, dix arrestations), l’avocat d’Allan a introduit devant la Cour suprême d’Israël un recours urgent en libération médicale. Selon le plaideur, il s’agirait d’une simple question de dignité : pour permettre au gréviste de la faim de mourir dans son lit."

Nissim BEHAR à Tel-Aviv

Le Monde - 18 août 2015 :

"Lundi 17 août, le ministère de la justice israélien a expliqué que « l’Etat (était) prêt à envisager (sa) libération (...) s’il accepte d’aller à l’étranger pour une durée de quatre ans ». La proposition a été immédiatement rejetée par l’avocat du jeune homme. La Cour suprême, saisie par l’avocat pour obtenir la libération du prisonnier pour raisons médicales, n’a pas statué lundi et doit siéger à nouveau mercredi."
Edité par csv, le 18/08/15 à 06:20

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