Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/04/2019 n 02:27
INTERNATIONALn Article n°17.1 n 28/11/08 n 13:17 n Editeur : csv
Essais nucléaires : vers une indemnisation de victimes

2 décembre 2008

La fin de plusieurs décennies de déni de la part de l'Etat français :

-
Le Ministre de la Défense de la France, Hervé Morin, a annoncé qu’il présenterait en 2009 un projet de loi visant à indemniser les victimes des essais nucléaires effectués par le pays dans le désert du Sahara ou dans le Pacifique sud.

"Souvent, ils ne portaient guère plus qu'un short et un T-shirt de l’armée pour se protéger des explosions atomiques et se trouvaient très près des champignons nucléaires ou des équipements contaminés lorsque des essais nucléaires étaient réalisés.


Les soldats et les civils qui ont travaillé ou habitaient près des sites où étaient effectués des essais nucléaires dans le désert du Sahara ou dans le Pacifique sud se sont longtemps battus pour obtenir des compensations pour les cancers et les effets à long terme qu’ils imputent à ces essais et au fait que l’Etat n’a pas su les protéger.

Mais pendant des années, la France a résisté, en triomphant des militants dans les tribunaux et en construisant un mur du silence autour des dangers liés aux explosions nucléaires.

Hier, le ministre de la défense de la France, Hervé Morin, a finalement rompu le tabou, en disant qu’une loi pourrait être introduite en janvier pour compenser ceux qui souffrent de maladies et qui font partie des quelques 100 000 militaires ou civils qui ont participé aux tests nucléaires en Algérie ou dans les atolls polynésiens.

Hervé Morin a admis que la France était en retard par rapport à des pays comme les Etats-Unis qui ont reconnu les effets à long terme sur la santé que pouvaient avoir ces essais nucléaires. Il a déclaré « Aujourd’hui, nous devons reconnaître ces victimes ».

« Nous étions des cobayes qui n’avaient pas de soutien médical adapté » a déclaré Michael Verger, président de l'Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) qui revendique plus de 3 500 membres.

Pour lui, cette future loi potentielle « est une lueur d'espoir puisque le gouvernement reconnaît enfin que les essais nucléaires ont pu provoquer des dégâts pour la santé des participants ».

Selon l’association, sur 1000 vétérans, plus de 35% ont un ou deux cancers et un sur cinq est devenu stérile.

Michael Verger a déclaré que les vétérans souffraient de nombreuses maladies, dont des cancers du sang et des problèmes cardiovasculaires, et que leurs enfants et petits-enfants souffraient également de problèmes de santé.

Enrôlé dans la guerre d’Algérie quand il avait 20 ans, Michael Verger a participé au premier essai nucléaire français dans le désert du Sahara en 1960 : l’explosion contrôlée d’une bombe atomique plus puissante que celle qui avait ravagé Hiroshima.

« Je portais un short. Nous devions nous tenir face contre le sol, les yeux fermés et ne pas regarder l’explosion, mais juste après le tir, nous devions nous lever avec un appareil autour du cou pour mesurer et photographier l’impact. Je ne portais pas de lunette de soleil ».

Il a ajouté « Pendant longtemps, il y a eu un mur du silence de la part de l’Etat parce que la France possédait la puissance nucléaire en terme militaire et en terme énergétique. Les dirigeants de droite et de gauche pensaient peut-être que s’ils reconnaissaient que les personnes présentes lors des tests étaient malades, cela pourrait porter préjudice à l’énergie nucléaire civile ».

Selon Hervé Morin, 100 000 personnes auraient participé aux 210 essais nucléaires conduits par la France de 1960 à 1996, dont « 17.000 au titre du Sahara et 41.000 au titre de la Polynésie ». D’après ses déclarations, seule quelques dizaines ou quelques centaines » seront vraisemblablement concernées par les indemnisations.

En effet, des critères très stricts devront être remplis pour obtenir cette compensation : les personnes devront à la fois souffrir d'une pathologie « radio-induites » (leucémie, cancer broncho-pulmonaire...) et avoir été exposées aux radiations au-delà d'un certain seuil.



Dans le même temps, les députés ont rejeté la semaine dernière une proposition de loi de Christiane Taubira sur l'indemnisation des victimes des essais nucléaires et cosigné par l'ensemble du groupe socialiste "en attendant le texte promis par le gouvernement sur le même sujet."

La photo est tirée du site "Sortir du nucléaire"


Rappel :

Le MAN est membre de "Stop essais", collectif d’associations et mouvements dont l’objectif final est d’obtenir de la France et des autres puissances nucléaires le démantèlement par étapes des arsenaux nucléaires. Objectif qui correspond à l’engagement des pays signataires du Traité de Non Prolifération (TNP), entré en vigueur en 1970 et ratifié par la France en 1992.

Il soutient notamment l’AVEN (Association des Vétérans des Essais Nucléaires) et Moruroa e Tatou (Association de victimes polynésiennes).



Edité par csv, le 02/12/08 à 07:54

Commenter l'article 17 g 0 commentaire(s)
ESPACE REDACTION
Identifiant : Mot de passe:
RECHERCHE
Dans la rubrique >
Sur tout le site >


Rejoignez le MAN Aveyron sur les réseaux sociaux

-

Page Facebook du MAN Aveyron











Tous les derniers mardi du mois : venez participer à un "cercle du silence" pour soutenir les sans-papiers, carrefour Saint-Etienne à Rodez à 18 h





Se former à la régulation non-violente des conflits, c'est possible :

-

Télécharger la plaquette de présentation des IFMAN



-

Ce site a été développé et est hébergé par l'association ""Naucelle Web Site"

Google


conflitssansviolence.fr
www
1449 articles
sont en ligne
sur le site
COURRIER n © Conflits Sans Violence 189356

Système Interactif Rédactionnel et Editorial * SIRE v2 Evo * © Hubert Plisson 2004-2007 *  Naucelle Web Site