Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/04/2019 n 06:41
INTERNATIONALn Article n°142.1 n 12:59 n 18/01/12 n Editeur : csv
18 janvier 2012 - France
Libérons la France des armes nucléaires


"La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse".


Un nouvel appel en faveur du désarmement unilatéral de la France, vient d'être lancé, signé par 46 personnalités venant d’horizons culturels divers… Il peut être signé en ligne ou sur papier.

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L’initiative de cet Appel a été prise par le Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) dans le cadre de la campagne qu’il organise sur le thème « Libérons la France des armes nucléaires ».

C’est la première fois, à notre connaissance, écrivent les représentants du MAN, que des représentants de la société civile française s’expriment ainsi, non pas en faveur d’un désarmement nucléaire multilatéral, non pas en faveur de mesures partielles de réduction des armements nucléaires, mais en faveur du désarmement nucléaire unilatéral…

Certes, la signature d’une convention d’élimination mondiale des armes nucléaires est tout à fait souhaitable, mais force est de reconnaître qu’elle n’est pas à l’ordre du jour des États dotés de l’arme nucléaire… Et en attendant le jour hypothétique où elle serait signée, les dangers inhérents à la double prolifération verticale et horizontale ne cessent d’augmenter et menacent l’avenir même de l’humanité

C’est pourquoi les signataires de cet Appel pensent qu’il appartient aux citoyens français de prendre leurs responsabilités ici et maintenant non pas en protestant contre l’armement nucléaire, mais en décidant le désarmement nucléaire unilatéral de la France.

Le fait est que jusqu’à présent, dans notre pays, aucun débat démocratique n’a eu lieu sur la pertinence du maintien de la dissuasion nucléaire alors même que celle-ci est incapable de protéger notre société contre les réelles menaces qui pèsent sur elle. C’est ce débat que cet Appel voudrait d’abord susciter."

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Appel en faveur du désarmement nucléaire unilatéral de la France

Que tout emploi d’arme nucléaire soit un crime, cela a été clairement affirmé par l’ONU dès 1961: « Tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’humanité et commettant un crime contre l’humanité et la civilisation.» (résolution du 24 novembre 1961). Trop peu en ont tiré la conclusion logique : si l’emploi des armes nucléaires est un « crime contre l’humanité », la seule menace d’y recourir est d’ores et déjà criminelle.

Or c’est sur une telle menace que reposent les stratégies dites « de dissuasion nucléaire ». Certes, l’argument moral ne convaincra probablement pas les décideurs politiques et militaires. Dans ce domaine comme en bien d’autres, un prétendu réalisme prétend toujours récuser un prétendu moralisme. Il convient donc de convaincre les décideurs que l’immoralité intrinsèque de l’arme nucléaire se double de son in-faisabilité stratégique : le simple réalisme oblige à reconnaître que les armes nucléaires ne nous protègent d’aucune des menaces qui peuvent peser sur notre sécurité. Elles sont notamment incapables de dissuader le moindre terrorisme. Par contre, leur possession même constitue une menace non seulement pour d’autres peuples mais aussi pour nous-mêmes.

En réalité, la véritable raison de la dissuasion nucléaire n’est pas d’assurer la défense de la population, mais de conférer à l’État un simulacre de puissance, celle-ci n’étant qu’une puissance de destruction et d’anéantissement. En maintenant et en modernisant son système d’armes nucléaires, la France ne peut qu’encourager la prolifération mondiale : s’il prétend que l’arme nucléaire est la garantie de la sécurité des Français, comment l’État français peut-il demander aux peuples non dotés de l’arme nucléaire de renoncer à la posséder ?

Ainsi, le désarmement nucléaire satisferait aussi bien les exigences de « l’éthique de conviction » que celles de « l’éthique de responsabilité ». Et les unes sont aussi impérieuses que les autres.

La dissuasion nucléaire, en outre, exige des citoyen(ne)s qu’ils abandonnent leur destin à la seule décision du Président de la République. L’arme nucléaire implique donc, par une nécessité organique, « l’exercice solitaire du pouvoir ». Tout le processus de développement du système de la dissuasion nucléaire a été et reste entièrement opaque à tout contrôle citoyen. Enfin, l’équipement en armes nucléaires engloutit des sommes considérables. Le coût de l’arsenal nucléaire français de 1945 à 2010 est estimé à 228,67 milliards d’euros. Alors qu’on nous répète que le pays traverse une grave crise, la loi de programmation militaire (2009-2014) prévoit pour la dissuasion nucléaire un budget annuel moyen de 3,3 milliards d’euros : 2,3 milliards pour moderniser nos armes, et 1 milliard d’euros pour leur soutien et mise en oeuvre. Ces investissements, directement financés par les impôts, ne sont pas socialement utiles. Ils sont parmi ceux qui produisent le moins d’emplois. Il n’est donc nullement démagogique d’affirmer que ces sommes seraient mieux utilisées dans d’autres secteurs de l’économie, notamment dans les services publics à la population aujourd’hui menacés.

La dissuasion nucléaire est donc immorale, irréaliste, dangereuse et coûteuse.

Nombreux sont ceux qui en sont convaincus et partagent l’espoir d’un monde sans armes nucléaires. Mais cet espoir risque fort d’être déçu : il faudrait attendre que toutes les puissances nucléaires se mettent d’accord pour une telle abolition générale. C’est oublier notre propre responsabilité de citoyens d’un pays nucléaire : nous ne sommes pas directement responsables du désarmement mondial, mais nous le sommes entièrement du désarmement nucléaire de notre pays. Il nous appartient de construire la paix et la sécurité dans une France sans armes nucléaires.

C’est pourquoi, sans attendre l’abolition générale des armes nucléaires par une convention internationale encore et toujours hypothétique, nous estimons que pour nous, citoyen(ne)s français(es), il est de notre responsabilité de demander dès à présent : le désarmement nucléaire unilatéral de la France.

Le désarmement nucléaire unilatéral de notre pays est possible si les Français le veulent. Mais jusqu’à présent, ils n’ont jamais eu la possibilité d’en débattre pour dire s’ils le veulent ou s’ils ne le veulent pas ; c’est ce débat qu’il est urgent de susciter. Les Français doivent pouvoir exprimer en toute liberté leur volonté de renoncer à l’arme nucléaire.

Afin que les citoyen(ne)s français(es) exercent effectivement ce pouvoir de décision, il convient d‘envisager l’organisation d’un référendum d’initiative populaire, puisque c’est, dans une démocratie, le seul moyen de donner au peuple souverain la possibilité de s’exprimer sur une question vitale.

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Premiers signataires :
Olivier ABEL, philosophe
Guy AURENCHE, avocat honoraire
Maria BIEDRAWA, présidente du Mouvement International de la Réconciliation (MIR)
Paul BLANQUART, sociologue, écrivain
Simone de BOLLARDIÈRE
Bernard BOUDOURESQUE, prêtre de la Mission de France, ancien ingénieur au Commissariat de l’Energie Atomique (CEA)
José de BROUCKER, journaliste
Thierry CASTELBOU, directeur de publication du journal Gardarem lo Larzac
Bernard DANGEARD, responsable de la communauté francophone de l’Arche de Lanza del Vasto
Bernard DRÈANO, président de l’Assemblée Européenne des Citoyens (HCA, France)
Hélène DUPONT, secrétaire de l’association Partenia 2000
Isabelle FILLIOZAT, psychologue, psychothérapeute, écrivaine
Dominique FONTAINE, vicaire général de la Mission de France
Bernard GINISTY, philosophe
Étienne GODINOT, président de l’Institut de Recherche sur la résolution Non-violente des Conflits (IRNC)
Françoise HÈRITIER, anthropologue, professeur honoraire au Collège de France
Stéphane HESSEL, ambassadeur de France
Albert JACQUARD, généticien
Patrick JIMENA, initiateur du Festival Camino Agir pour la non-violence
Gustave MASSIAH, économiste
Olivier MAUREL, écrivain
Christian MELLON, jésuite, membre du Centre de recherche et d’action sociales (CERAS)
Philippe MEIRIEU, professeur à l’Université Lyon II
Jean MERCKAERT, rédacteur en chef de la revue Projet
Edgar MORIN, philosophe et sociologue
Jacques MULLER, ancien sénateur
Jean-Marie MULLER, philosophe, écrivain, porte parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
Antoine NOUIS, directeur de publication de la revue Réforme
Jean-Paul NUNEZ, pasteur, vice-président du MIR
Richard PÈTRIS, directeur de l’École de la Paix, Grenoble
Bernard QUELQUEJEU, dominicain, philosophe
Pierre RABHI, paysan, écrivain et philosophe français d’origine algérienne
Alain REFALO, enseignant, fondateur du Centre de ressources sur la non-violence de Midi-Pyrénées
Matthieu RICARD, moine bouddhiste, écrivain
Alain RICHARD, franciscain à Toulouse
Jacques RICHARD, docteur en médecine
Lama Denys RINPOCHÈ, supérieur de la communauté bouddhiste Dachang Rimay
Jean-Pierre SCHMITZ, président de la fédération Réseaux du Parvis
Antoine SONDAG, prêtre
Bernard STÈPHAN, P.D.G de Témoignage Chrétien
Alain TOURAINE, directeur d'études à l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales
Marlène TUININGA, journaliste, membre de la Ligue internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (WILPF)
Didier VANHOUTTE, ancien président de la fédération Réseaux du Parvis
François VAILLANT, rédacteur en chef de la revue Alternatives Non-Violentes
Paul VIRILIO, philosophe, écrivain
Patrick VIVERET, philosophe, écrivain

www.francesansarmesnucleaires.fr

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Edité par csv, le 18/01/12 à 13:35

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