Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
24/04/2019 n 02:32
INTERNATIONALn Article n°218.1 n 13:40 n 16/04/14 n Editeur : csv
17 avril 2014 - Israël
Cinquante-huit lycéens israéliens refusent le service
militaire


Cinquante-huit jeunes Israéliens assument publiquement de ne pas faire l'armée. A l'appui de leur démarche, les jeunes objecteurs de conscience dénoncent "les violations des droits de l'homme en Cisjordanie". Un article du Point du 17 mars 2014 de Danièle Kriegel :

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"Ils sont 58 jeunes Israéliens entre 17 et 20 ans, de milieux parfois très différents. Mais tous ont signé une lettre ouverte au Premier ministre, Benyamin Netanyahou, dans laquelle ils annoncent leur refus de faire l'armée pour, disent-ils, "ne pas cautionner l'occupation des territoires palestiniens". Ils dénoncent "les violations des droits de l'homme en Cisjordanie, la construction des colonies, les détentions administratives, la torture, les punitions collectives et une répartition injuste de l'eau et de l'électricité". Pour eux, et ils l'écrivent, "tout service militaire perpétue la situation actuelle et de ce fait nous ne pouvons prendre part à un système qui se livre à de tels actes".

Publié d'abord sur le site en ligne de Yesh Gvul ("Il y a une limite", en français), une organisation anti-occupation qui soutient les objecteurs de conscience, le texte et ses signataires ont très vite suscité de vives réactions. Au sein de la majorité gouvernementale, on n'a pas du tout apprécié. Du côté de la droite libérale, Yaïr Lapid, le ministre des Finances et patron du parti de Yesh Atid ("Il y a un avenir"), a qualifié ces nouveaux "refuzniks" de "tire au flanc trop gâtés", avant d'ajouter : "J'ai honte de vous."


"Nous voulons ébranler la pensée consensuelle"

Sur un plateau de télévision, un des signataires de la lettre a été interpellé en ces termes : "Lavette, tu porteras la marque de Caïn jusqu'à la fin de tes jours", "ton refus, pour moi, c'est comme l'assassinat de Rabin". Les signataires répondent que le but de leur démarche est d'abord fondé sur la nécessité de provoquer un débat public : "Nous voulons questionner, défier et ébranler la pensée consensuelle, conventionnelle." Et, pour cela, ils sont prêts à en subir les conséquences. Aujourd'hui, refuser de faire l'armée est passible d'un an de prison.

Ce n'est pas la première fois qu'Israël est confronté à ce genre d'initiative. Il y a 44 ans, une première lettre de refus était adressée par des lycéens au chef du gouvernement de l'époque. Depuis, trois autres ont suivi, en 1979, 2001 et 2005. En janvier 2004, cinq jeunes ont été condamnés à un an de détention. En février dernier, Omar Saad, un jeune Druze de Galilée, s'est vu infliger par un tribunal militaire une peine de prison de vingt jours. Sa cinquième condamnation en dix-huit mois, depuis qu'il a reçu son ordre de marche et a annoncé son refus d'obéir.


Les ultra-othodoxes, ces autres refuzniks

Selon un professeur de l'université de Tel-Aviv, spécialiste du dossier, depuis le début du mouvement dans les années 1970, on a enregistré en Israël entre 600 et 1 000 objecteurs de conscience. À l'exception du quotidien indépendant Haaretz, ce phénomène est quasiment ignoré des médias qui préfèrent publier les listes des lycées qui envoient le plus de jeunes à l'armée.

Pourtant, ces dernières semaines, les médias n'ont pas lésiné sur la couverture d'autres refuzniks bien plus nombreux. Les dizaines de milliers d'ultra-orthodoxes qui refusent de porter l'uniforme de Tsahal. Articles, reportages, éditoriaux ont été consacrés au bras de fer entre les rabbins ultra-orthodoxes et la majorité gouvernementale. Il s'est achevé sur le vote, mercredi dernier, d'une loi obligeant les jeunes des écoles talmudiques à faire un service militaire ou civil. À partir de 2018, en cas de refus, ceux qui correspondent aux critères définis par la législation seront passibles de prison. Les responsables ultra-orthodoxes ont fait savoir à Benyamin Netanyahou qu'ils ne lui pardonneraient jamais."

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mettre de côté ce qui a toujours été tenu pour acquis
Texte de la lettre publié par la LDH Toulon


"Nous, citoyens de l’État d’Israël, sont désignés pour le service militaire.

Nous lançons un appel aux lecteurs de cette lettre de mettre de côté ce qui a toujours été tenu pour acquis et de réexaminer les implications de service militaire.

Nous, soussignés, avons l’intention de refuser de servir dans l’armée et la principale raison de ce refus est notre opposition à l’occupation militaire des territoires palestiniens. Les Palestiniens dans les territoires occupés vivent sous l’autorité israélienne sans l’avoir choisi, et aucun recours juridique pour influencer ce régime ou ses processus décisionnels. Ce n’est ni égalitaire, ni juste. Dans ces territoires, les droits humains sont violés, et les actes définis par le droit international comme des crimes de guerre sont perpétuées quotidiennement.

Il s’agit notamment des assassinats (exécutions extrajudiciaires), de la construction de colonies sur les terres occupées, de détentions administratives, de torture, de punitions collectives et de la répartition inégale des ressources telles que l’électricité et l’eau. Toute forme de service militaire renforce le statu quo, et, par conséquent, conformément à notre conscience, nous ne pouvons pas participer à un système qui commet les actes mentionnés ci-dessus.

Le problème avec l’armée ne commence ni ne s’arrête avec les dommages qu’elle inflige à la société palestinienne. Il s’infiltre dans la vie quotidienne dans la société israélienne aussi : il façonne le système éducatif, nos possibilités de main-d’œuvre, tout en favorisant le racisme , la violence et la discrimination ethnique, nationale et sexiste.

Nous refusons d’ aider le système militaire dans la promotion et la perpétuation de la domination masculine. À notre avis , l’armée encourage un idéal masculin violent et militariste selon lequel « la force prime le droit ». Cet idéal est préjudiciable à tout le monde, en particulier pour ceux qui ne s’y retrouvent pas. En outre, nous nous opposons à des structures de pouvoir oppressives, discriminatoires, et fortement « sexospécifiques » au sein de l’armée elle-même.

Nous refusons d’abandonner nos principes, condition pour être acceptés dans notre société. Nous avons réfléchi profondément à notre refus et nous tenons à nos décisions.

Nous lançons un appel à nos pairs, à ceux actuellement en service dans l’armée et/ou droit de réserve, et à l’opinion publique israélienne dans son ensemble, à reconsidérer leur position sur l’occupation, l’armée, et le rôle de l’armée dans la société civile. Nous croyons en la puissance et la capacité des civils à changer la réalité pour le mieux par la création d’une société plus juste et équitable. Notre refus exprime cette croyance. »





Edité par csv, le 17/04/14 à 13:05

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