Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/02/2019 n 17:14
INTERNATIONALn Article n°7.1 n 17:14 n 04/06/08 n Editeur : csv
Acteurs de paix pour une culture de non-violence :
l'appel du 30 mai 2008



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L'appel : "Acteurs de paix pour une culture de la non-violence" a été proclamé le 30 mai 2008 à la Villette à l'occasion des rencontres internationales de la décennie pour la paix et la non-violence.


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Quelques extraits ci-dessous de ce texte important que vous pouvez aussi télécharger intégralement :

« Des acteurs de paix pour une culture de non-violence, qu’est-ce à dire ? Cela veut dire qu’il existe aujourd’hui dans le monde, des gens assez fous et assez réalistes pour prendre au sérieux le préambule de l’acte constitutif de l’UNESCO : « Les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».

« Si tu veux la paix, prépare la guerre », disait-on du temps de l’empire romain. L’interminable cycle de violence qu’ont connu les siècles qui ont suivi nous oblige aujourd’hui à réviser le vieil adage. « Si tu veux la paix, sois conscient des horreurs et des impasses de la guerre et préparer la paix par la non-violence ».

« La culture de la paix et de la non-violence implique une vision de l’homme basée sur la coopération, le partage, le respect des différences, le refus de toute forme de violence, et la reconnaissance des droits humains pour tous. Et c’est possible si on veut. »

« C’est pourquoi nous demandons que :
- L’éducation à la non-violence et à la paix soit introduite en France dans les programmes de la maternelle à l’université,
- Soit créé un Institut Universitaire spécialisé dans la recherche pluridisciplinaire sur la culture de la non-violence et de la paix.

Télécharger l'appel du 30 mai 2008



Inauguration


En écho à cet appel, quelques mots issus des discours prononcés lors de l'inauguration du salon des initiatives de paix à Paris le 30 mai 2008 :

M. Federico Mayor,
ancien directeur de l'UNESCO, président de la fondation Cultura de paz :

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"Relisons le préambule de la charte de l'Unesco : il y a des points de repère pour agir et rêver ; il y a les idéaux et pricipes démocratiques. Nous vivons actuellement une crise très grave économique et financière, écologique et culturelle et aujourd'hui alimentaire. Pour construire la paix, le partage est nécessaire et nous avons été incapables de cela. Nous avons remplacé les grandes valeurs démocratiques par la loi du marché.
La crise alimentaire actuelle aura un effet mobilisateur essentiel parce que nous touchons à un aspect essentiel de la dignité humaine.
Nous pouvons ensemble changer et illuminer des horizons aujourd'hui si sombres"


M. Stéphane Hessel,
ancien résistant, ambassadeur de France :

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"Il me reste à remercier les nombreuses associations qui montrent combien ctte idée de non-violence est une idée qui va très loin.
Quand la guerre s'est achevée, j'étais entouré de jeunes qui disaient : "il faut un monde nouveau fondé sur des valeurs communes à tous les peuples, à toutes les civilisations, les religions"; René Cassin a eu l'idée d'appeller ce texte qu'on avait rédigé à quelques uns : "déclaration universelle des droits de l'homme". C'est un des seuls textes internationaux qui porte ce nom d'universel !
Toutes ces valeurs ont en commun la dignité de la personne et le refus de la violence.
la terre va mal : il faut nous habituer à ne plus la violenter ni à nous violenter les uns les autres"



Table Ronde


Egalement le 30 mai a été organisée dans le cadre du salon une table ronde sur le thème : "Quelles avancées et perspectives législatives en Europe en faveur de l'éducation à la non-violence et à la paix et de l'éducation sans violence ?" Quelques interventions marquantes :

Un pays pilote, l'Espagne (par Mme Maria José Brioso Valcarcel, Ministère espagnol de l'éducation et de la science):

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"L'Espagne est depuis la loi de 2005 pilote dans le monde de la promotion d'une culture de la paix et de la non-violence.
le socle de cette loi repose sur deux documents de l'ONU : la déclaration de 1999 sur la culture de paix et le texte de 2001 sur la décennie de la paix et de la non-violence.
Ce programme doit être promu à tous les niveaux du système éducatif. L'Espagne doit fournir tous documents, livres supports qui encouragent la culture de la non-violence et de la paix. Elle doit collaborer avec l'ONU pour promouvoir cette culture. Elle doit développer l'éducation aux droits de l'homme et à la résolution non-violente des conflits et initier un dialogue sur ce thème avec la société civile.
la loi de 2006 sur l'éducation et la diversité culturelle a pour objectif de mettre en place l'éducation pour tous, l'apprentissage du pluralisme culturel, de la citoyenneté et de la participation active, l'acquisition d'une attitude critique et responsable.
Elle a créé un centre de recherche, le CREADE, qui doit fournir aux professionnels de l'éducation et aux travailleurs sociaux des références nationales et internationales en vue de la diffusion des bonnes pratiques.
Le président Zapatero a présenté à l'ONU le plan sur l'alliance des civilisations en vue de créer une culture internationale de la paix.
En Espagne où il y a beaucoup d'immigrés, la promotion d'une culture de la paix, de la diversité et de l'appréciation mutuelle est essentielle afin d'enraciner la culture de la pix dans la vie quotidienne."


Une de nos mission essentielles (par M. Quian Tang, directeur adjoint de l'Unesco) :

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"Depuis 15 ans, la promotion d'une culture de la paix et de la non-violence est devenue l'aspect le plus important des missions de l'Unesco.
Il s'agit de refuser la violence en s'attaquant aux causes profondes de la violence. Notre mission va de la sécurité des personnes au développement durable.
Cette culture de la paix doit reposer sur le respect des personnes et sur la culture des droits de l'homme en vue d'une meilleure compréhension de la violence et d'une réponse constructive à celle-ci.
Pour cela l'éducaton pour tous est notre priorité. Elle doit comprendre l'éducation aux droits de l'homme et à la citoyenneté, la collaboration ne tre les nations, une pédagogie qui prépare aux responsabilités et à la liberté.
Il faut passer d'une éducation basée sur les besoins à une éducation basée sur les droits, sur l'éducation à la non-violence en vue d'une transformation sociale positive.
l'Unesco est une plate-forme politique pour tous ceux qui veulent changer.
La violence dans les écoles est un fléau mondial : nous devons mettre en place une stratégie efficace pour intégrer dans l'éducation laprévention de la violence. Les violences, même mineures, peuvent aboutir à la phobie ou à l'abandon de l'école, à la dépréciation de soi, voire au suicide."


L'appui du Conseil de l'Europe (par Mme Gabriella Battaini-Dragoni, directrice géné rale de l'éducation, de la culture, de la jeunesse et du sport au Conseil de l'Europe)


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Chaque citoyen doit être éduqué à la non-violence et aux droits de l'homme.
La base de toute statégie efficace est de réfléchir sur le lien entre éducation non-violente (sans violence)et éducation à la non-violence.
Tout commence par une éducation respectueuse du droit de l'élève.
Il faut mettre en place des mécanismes de prévention, de formation à la résolution des conflits par le dialogue et la médiation.
L'éducation à la non-violence et à la citoyenneté demande un enseignement spécifique mais n'est pas une discipline comme les autres. Elle doit être présente également dans toutes les autres disciplines.
le Conseil de l'Europe (47 états membres) travaille jour après jour en copération avec l'ONU et l'Unesco notamment dans le programme mondial d'éducation aux droits de l'homme.
L'Espagne est aujourd'hui à l'avant-garde européenne. Il faut que la diversité culturelle devienne un atout porteur de créativité.
Beaucoup reste à faire pour inventer une pédagogie pour vivre pacifiquement dans des sociétés multiculturelles mondialisée"


Les choses avancent mais... (par André Robertfroid, ancien directeur général adjoint de l'Unicef, président de Montessori International) :

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"Les choses avancent, en Espagne, à l'Unesco... tout le monde a ratifié la convention internationale des droits de l'enfant. Et pourtant, la pratique n'est pas tout à fait là...
la paix n'est pas la non-violence.
Il existe de nombreux conflits économiques, sociaux, familiaux où la "violence" n'apparaît pas. Il faut trouver une manière non-violente de les résoudre.
Il faut passer d'un société "anxiogène" où chacun se sent menacé, à une société "paxiogène" où chacun est en paix avec lui-même et vit en coopération avec les autres.
On gagne avec l'autre. Pas sans lui, ni contre lui.
Les guerres ne se poursuivent que parce qu'il y a un certain concensus populaire basé sur la perte d'identité et le sentiment de peur. Les individus ont un rôle essentiel à jouer.
L'éducation et la connaissance ne suffisent pas. La science de la guerre est bien plus développée que celle de la paix.
Les enfants ont une aptitude naturelle à établir une relation positive avec l'autre. Ils ont des conflits du tupe :"je veux/moi aussi", pas du type "je suis blanc/tu es noir".
Si nous sommes à leur écoute, nous pouvons transformer cette richesse des enfants en force de transformation sociale".


Le moment est arrivé (par Federico Mayor, fondation Cultura de paz) :


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Nous devons nous appuyer sur des documents extraordinaires que sont un certain nombre de textes internationaux : charte de l'ONU, constitution de l'Unesco, mais également :
- la "Déclaration sur la tolérance" (Unesco 1995) : passer grâce au respect d'autrui d'une culture de la force à un culture de l'alliance.
- "Droits de l'homme et démocratie" (Montréal 1993): la démocratie, ce n'est pas compter tous les 3, 4 ou 5 ans les voix, c'est que les citoyens soient pris en compte et participent.
-"Charte de la terre" (2000) : liant environnement et justice sociale ; nécessité du partage dans le cadre de la responsabilité de chaque citoyen.

On ne doit jammais dire que les problèmes des enfants sont d'origine génétique : seuls les dictateurs ont historiquement défendu ce type de thèse.
L'"inertie face au changement" est un grand problème. Le meilleur moyen d'arriver au changement, c'est d'avancer sans le dire à l'avance !
Il y a une violence inaccepatble de la famine quand on dépense par jour 3 milliards de dollars pour l'armement.
Il faut favoriser l'idée que c'est dans les sociétés civiles que les choses doivent changer.
L'hégémonie ou la plutocratie (G7 ou G8) ont remplacé la démocratie mondiale.

Le moment est arrivé, favorisé par les technologies modernes, la prise de responsabilité des femmes, le développement d'une vision globale, où les sociétés civiles doivent prendre leurs responsabilités et développer un art de la paix qui soit un art de vivre différemment.
Assez est assez !
Nous sommes à l'aube de ce moment !"



[reconstitution des interventions d'après des notes prises par Bernard G.]





Edité par csv, le 06/06/08 à 09:06

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