Conflits Sans Violence

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Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
26/03/2019 n 04:39
INTERNATIONALn Article n°192.1 n 11/11/13 n 10:35 n Editeur : csv
11 novembre 2013 - Brésil
Mobilisation contre le barrage de Belo Monte au Brésil
et appel d'Antonia Melo


« C'est seulement lorsque l'homme blanc aura détruit la forêt entière,
lorsqu'il aura tué tous les poissons et tous les animaux et aura asséché toutes les rivières
qu'il s'apercevra que personne ne peut manger l'argent ».


Lettre d'un Indien d'Amérique du Nord à son président


Antonia Melo, la mère courage des victimes de Belo Monte lance un appel à Paris le 15 novembre 2013 à une nouvelle mobilisation après plus de 10 ans d'un immense combat contre le barrage de Belo Monte (Brésil), sous la conduite du cacique Raoni. Elle sera au Parlement Européen de Bruxelles le 14 novembre puis à Paris le 15 novembre 2013

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"Le barrage de Belo Monte serait le 3ème plus grand au monde. Il ferait suite à la construction de celui de Jirau, construit sur le fleuve Madeira. Belo Monte va inonder 668 km2 dont 400 km2 de forêt primaire en territoires autochtones. 20 000 personnes vont être déplacées et au moins 24 peuples vont subir un changement de mode de vie lié à la raréfaction de leurs ressources vivrières.

Belo Monte ouvre la voie à d’autres atteintes au poumon vert de notre planète car il représente pour le Brésil non seulement une source d’énergie domestique mais aussi une source d’alimentation pour de nouvelles mines, par exemple la mine d’or de Belo Sun qui a annoncé son ouverture fin 2012.

Sa construction a fait l’objet de nombreuses plaintes à l’échelle nationale et internationale, et a été condamnée à maintes reprises.

Parmi les violations des droits humains perpétrées par le consortium en charge de la construction de Belo Monte, figurent l’absence de consentement libre, préalable et informé des communautés indigènes locales ainsi que la non prise en compte de la présence, à proximité du site du barrage, de groupes d’Indiens isolés extrêmement vulnérables aux contacts extérieurs et qui seront directement affectés par les impacts du projet.

Par ailleurs, la destruction de l’environnement que générera le barrage de Jirau aura des répercussions importantes sur les communautés riveraines du bassin du Madeira - partagé par le Brésil, la Bolivie et le Pérou – en inondant les forêts, dévastant les stocks de poissons et détruisant de manière irréversible les moyens de subsistance des populations locales.

Le barrage de Belo Monte a été déclaré illégal le 25 octobre 2013 par une décision de justice qui a exigé l'arrêt immédiat du chantier. L'administration de la présidente Dilma Rousseff a eu recours à une mesure d'Urgence Nationale (mise en place sous la dictature militaire pour faire face à des menaces graves, conflits armés, guerres civiles...) pour balayer d'un revers de la main cette décision tant attendue par les détracteurs du projet, qui suscite des levers de boucliers depuis plus de trente ans."

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"En réaction, les défenseurs du site de Belo Monte en Europe organisent un rassemblement autour d'Antonia Melo, la grande militante du Mouvement Xingu Vivant Pour Toujours (Movimento Xingu Vivo para Sempre).

Antonia Melo fera donc escale à Paris le 15 novembre 2013 pour la toute première fois, après un passage la veille au Parlement Européen de Bruxelles. Antonia Melo da Silva est une grande résistante qui risque sa vie chaque jour en luttant sur place, à Altamira (Etat du Para, Brésil), avec des moyens dérisoires et une foi inextinguible, contre une gigantesque machine à broyer : le barrage de Belo Monte.

Ce projet, rendu tristement célèbre par l'opposition que lui porte le célèbre Cacique Raoni, fut "vendu" par le président Lula da Silva comme un fleuron du développement brésilien. Sa successeure, Dilma Rousseff, a bafoué les lois et la Constitution de son pays (de nombreux jugements l'affirment) et des conventions internationales ratifiées par le Brésil pour en commencer les travaux, avec pour objectif un ouvrage opérationnel à l'horizon des Jeux olympiques de Rio 2016.

Sa mise en oeuvre, depuis juin 2011, est en train d'anéantir la biodiversité extraordinaire du coeur de l'Amazonie et des communautés indigènes et autochtones particulièrement fragiles. Une aberration, d'autant plus que les longues périodes de décrues du fleuve le rendront inefficace la majeure partie de l'année. Un mensonge national et international (de nombreuses compagnies étrangères, dont Alstom, y participent), car sous couvert de fournir de l'electricité civile, Belo Monte alimentera rapidement l'un des projets miniers les plus ambitieux et les plus nocifs qui soient.

Si la présidente Dilma Rousseff, ancienne ministre de l'energie de Lula, est surnommée par les défenseurs de l'environnement "la maman de Belo Monte", Antonia Melo da Silva, qui lui fait face avec une détermination constante pourrait sans aucun doute mériter celui de mère courage des victimes de ce barrage monstre."


Naissance d'une icône amazonienne des opprimés et laissés pour compte

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"Antonia Melo, 65 ans, est la coordinatrice du Mouvement Xingu Vivant Pour Toujours (Movimento Xingu Vivo Para Sempre), une organisation basée à Altamira dans l'est de l'Etat amazonien du Pará à la pointe de la résistance à la construction du barrage de Belo Monte. Elle est l'une des 13 enfants de petits agriculteurs et est venue au monde dans l'Etat du Piauí (Nordeste). Sa famille a émigré en 1953 dans la région d'Altamira à la recherche d'un petit lopin de terre pour travailler et survivre.

Enfants, Antonia et ses frères et sœurs avaient pour habitude de marcher 16 kilomètres par jour pour aller étudier dans la seule école locale. Dans les années 1970, la famille quitte la campagne pour s'installer dans la ville d'Altamira, alors que le gouvernement militaire initie la construction de la très controversée et très conflictuelle autoroute transamazonienne. Antonia poursuit ses études à Altamira et devient professeur, travaillant dans les petites écoles rurales pendant de nombreuses années. Elle s'engage parallèlement dans le mouvement de la théologie de la libération, pour soutenir et organiser dans les communautés rurales le renforcement de la lutte pour la dignité humaine et les droits environnementaux.

En 1989, elle participe activement à l'organisation du premier grand mouvement contre les barrages sur le fleuve Xingu. Cette année-là des centaines d'indigènes menacés et des petits agriculteurs se réunissent à Altamira, et obtiennent un solide soutien national et international, avec pour conséquence l'annulation forcée du projet Kararaô (première version du barrage de Belo Monte : six grands barrages destinés à inonder plus de 20 000 km2 et 12 territoires indigènes).

Dès le début des années 1990, Antonia devient l'une des figures de proue du mouvement des femmes du Pará. Au cours des années qui suivent, elle s'implique dans la lutte contre la violence et la maltraitance des enfants et des femmes dans sa région, l'une des plus violentes de l 'Amazonie. Elle dirige et coordonne la création du premier Conseil pour les droits des enfants et des adolescents, le Mouvement des femmes rurales, le Comité pour la défense de l'enfance, et intervient également au titre d'agent des services de protection de l'enfance à Altamira.

En 2002, alors que le gouvernement fédéral relance sous la présidence de Lula da Silva un projet de grands barrages sur le fleuve Xingu rebaptisé Belo Monte, Antonia entre à nouveau en résistance en travaillant en étroite collaboration avec les communautés indigènes, autochtones et rurales menacées. En 2008, elle est l'une des organisatrices du deuxième grand rassemblement d'opposition aux barrages sur le Xingu et lance la création du Movimento Xingu Vivo Para Sempre, devenant sa coordonnatrice et sa porte-parole.

Antonia a été plusieurs fois lauréate de prix nationaux et internationaux pour son oeuvre en faveur des droits de l'Homme au cours des 10 dernières années. Elle est désormais reconnue comme l'une des personnalités les plus importantes de l'Amazonie brésilienne."

Source : raoni.com


Pétition du cacique Raoni
Edité par csv, le 11/11/13 à 13:42

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