Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
27/04/2017 n 09:11
ENVIRONNEMENTn Article n°15.1 n 19:33 n 12/03/17 n Editeur : csv
12 mars 2017 - USA
De 1997 à 1999, Julia Butterfly Hill a vécu dans un
séquoia pour empêcher qu'on ne l'abatte


Le 10 décembre 1997, Julia Lorraine Hill, plus connue sous le nom de Julia Butterfly Hill décidait de monter en haut de Luna, un séquoia millénaire de 75 mètres de haut, situé en Californie pour empêcher son abattage.

L’aventure qui ne devait durer que 2 semaines, s’est en réalité poursuivit durant plus de 2 ans, 738 jours exactement.


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Cette femme déterminée fut reconnue internationalement pour sa persévérance dans sa lutte pour freiner les coupes à blanc des forêts du Parc national des séquoias en Californie. Un accord fut finalement signé, protégeant en permanence le séquoia nommé "Luna".

En août 1996, alors âgée de 22 ans, Julia avait été victime d’un grave accident de la route. C’est en se "reconnectant" à la nature qu’elle avait réussi à guérir et à surmonter son traumatisme. Elle avait pris l’habitude de se promener en forêt et de « rendre visite » à certains arbres en particuliers.

Julia arriva en juin 1996 dans le comté de Humboldt peu après un glissement de terrain qui avait été causé par les coupes à blanc de la compagnie MAXXAM, propriété de Pacific Lumber Company. Dès son arrivée, Julia sentit une forte connexion avec la forêt de séquoias menacée par la compagnie forestière. Elle retourna donc en Arkansas pour vendre tous ses biens dans le but de se consacrer à la conservation de la forêt de séquoias et joignit l’organisation Earth First!

Elle entreprit une protestation dans le comté de Humboldt contre MAXXAM pour prévenir la déforestation massive. Elle se porta volontaire pour séjourner 30 jours dans un séquoia de plus de 1000 ans dans le but d’arrêter les coupes à blanc dans le parc national des séquoias.

Le 10 décembre 1997, Hill et un autre activiste de l’organisation réussirent à monter en haut du séquoia, malgré les agressions commises par un groupe de bûcherons lors de cette journée. Malheureusement, l’activiste qui accompagnait Julia dut redescendre pour des raisons de santé émotionnelle le 4 janvier 1998. Julia termina son premier séjour de 30 jours et décida d’en entreprendre un second qui l’amena à y rester pendant une durée beaucoup plus longue qu’elle ne l’avait d’abord imaginé.

Seule pendant ce périple, elle dut affronter de nombreux obstacles. Endurant des températures extrêmes causant des gelures et mettant en péril sa santé, elle continua toutefois de lutter pour sa cause en restant dans l’arbre. Sa détermination lui permit de persister malgré les nombreuses menaces faites par l’entreprise et leurs moyens de pression.

Les tactiques utilisées par la compagnie pour la forcer à descendre furent nombreuses. Il y eut d’abord une intimidation par hélicoptère. Par la suite, la compagnie engagea des gardes pour empêcher les gens de l’organisation de donner du ravitaillement à Julia. Des lumières à forte intensité et des haut-parleurs à haute puissance furent également utilisés pendant la période d’intimidation. Julia persista pendant toutes ces épreuves. Elle a dû combattre la solitude au haut de cet arbre, ainsi que les bruits constants de tronçonneuses.

Julia donna plusieurs interviews pendant son séjour dans l’arbre pour expliquer ses motivations et inciter les gens à appuyer son combat pour l’environnement. Elle continua après sa descente à défendre cette cause. Malgré sa réticence à apparaître dans les médias, elle comprit que cet outil allait être son arme la plus forte.

C’est après un long combat de plus de deux ans que finalement les efforts et l'acharnement de cette femme furent récompensés par un règlement signé par la compagnie forestière protégeant le séquoia Luna et les trois âcres (0.2 ha) qui l’entouraient. De plus, un montant de 50 000 dollars fut remis à l’université de l’état de Humboldt afin de poursuivre des recherches sur la déforestation.

Au total, elle séjourna 738 jours sur une plateforme à 180 pieds de hauteur dans un séquoia refusant strictement de descendre malgré les menaces faites par la compagnie d’exploitation forestière et les dangers climatiques. Elle résista à un des hivers les plus rigoureux connus en Californie. Elle détient aujourd’hui le record mondial pour avoir séjourné le plus longtemps dans un arbre.

Sur son blog, elle décrivait en janvier 2017 : "avec les événements politiques récents, beaucoup de gens se sentent soit paralysé, ne sachant pas quoi faire, comment le faire, ou si quelque chose est encore efficace". Et citant Martin Luther King, elle invitait chacun à poser des actes :

"Si vous ne pouvez pas voler, alors courez, si vous ne pouvez pas courir, alors marchez, si vous ne pouvez pas marcher, alors rampez, mais quoi que vous fassiez, vous devez continuer à avancer"


Sources :

Julia Butterfly Hill a vécu 738 jours dans un arbre pour le sauver de l’abattage !

Citoyennes de la terre - Julia Butterfly Hill (1974-), États-Unis

Centre de ressource sur la non-violence de Montréal
Edité par csv, le 12/03/17 à 20:21

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