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20/09/2017 n 23:40
DESARMEMENTn Article n°75.1 n 13/09/17 n 16:48 n Editeur : csv
13 septembre 2017
Le Vatican s'engage fermement contre les armes
nucléaires


Dans un article du 5 septembre 2017, dans La Croix, Nicolas Senèze montre l'évolution progressive de la position du vatican sur les armes nucléaires, débouchant sur la déclaration du pape François en mars 2017 à l’ONU : « l’objectif final de l’élimination totale des armes nucléaires » est « un impératif moral et humanitaire », puis en juillet dernier sur le vote du vatican en faveur du traité pour l’interdiction des armes nucléaires, en attendant la ratification du traité.

« Ce premier vote du Vatican à l’ONU signe une nouvelle évolution de la doctrine de l’Église, de plus en plus ferme contre l’arme atomique ».


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Missiles nucléaires et parade militaire à Pékin / Xinhua/ZUMA/REA

L’information est passée inaperçue : le 7 juillet 2017, le Saint-Siège a voté, pour la première fois de son histoire, aux Nations unies. Simple observateur, le Vatican n’a normalement pas le droit de vote à l’ONU mais la convention négociant le traité sur l’interdiction des armes nucléaires avait décidé de lui donner les mêmes droits que les autres États membres.

Pour son premier vote à l’ONU, le Saint-Siège s’est donc prononcé pour l’interdiction totale des armes nucléaires. Non que le Vatican ait, ne serait-ce qu’un jour, envisagé de se doter de l’arme atomique, mais, en le signant, le Saint-Siège apporte ainsi au traité son autorité morale, alors que presque aucun pays détenteur de l’arme nucléaire ne l’a signé.

À partir du 20 septembre, il devrait aussi être parmi les premiers à le ratifier, permettant d’atteindre plus vite la barre des cinquante ratifications nécessaires à l’entrée en vigueur d’un traité pour lequel le pape François s’était fortement engagé.


« Un faux-sens de la sécurité »

« Nous devons nous engager pour un monde sans armes nucléaires », avait-il en effet écrit, en mars dernier, à la convention des Nations unies chargée de négocier le traité. Dénonçant la dissuasion nucléaire, il estimait qu’« une éthique et un droit basé sur la menace d’une destruction réciproque – et potentiellement de toute l’humanité – sont contraires à l’esprit même des Nations unies ». Pour lui, « la paix et la stabilité internationale ne peuvent être fondées sur un faux-sens de la sécurité, sur la menace d’une destruction réciproque d’un anéantissement total, sur le simple maintien d’un équilibre des puissances ».

Cette déclaration papale signait une nouvelle évolution du Vatican sur la question de la dissuasion nucléaire. Dans la foulée de l’encyclique de Jean XXIII, Pacem in terris, qui prônait « la proscription de l’arme atomique », le concile Vatican II considère déjà que la dissuasion nucléaire n’est pas un moyen sûr de construire la paix.

Néanmoins, dans le contexte de la Guerre froide, le Magistère interprète diversement ce principe, notamment du fait que plusieurs épiscopats défendent l’arsenal nucléaire de leurs pays. En juin 1982, dans un message à l’ONU, Jean-Paul II estime ainsi qu’« une dissuasion basée sur l’équilibre, non certes comme une fin en soi, mais comme une étape sur la voie d’un désarmement progressif, peut encore être jugée comme moralement acceptable ».

Dans le même temps, le pape polonais ne peut accepter les conséquences d’un conflit nucléaire et il s’active pour que les États prennent conscience de leurs responsabilités. En 1981, l’Académie pontificale des sciences met ainsi en garde les militaires contre « les hypothèses erronées concernant les aspects médicaux d’une guerre nucléaire », estimant que « les récentes déclarations selon lesquelles on pourrait gagner une guerre nucléaire et même y survivre, laissent apparaître un manque d’appréciation de la réalité médicale ».


L’évolution du discours papal

Jean-Paul II fait largement distribuer ce texte. De leurs côtés, dans les années 1980, nombre de conférences épiscopales s’engagent contre l’arme atomique.

Après la chute du Mur de Berlin, le discours papal évolue vers une plus grande sévérité à l’encontre de l’« équilibre de la terreur ». En 1992, le représentant du Saint-Siège à l’ONU estime ainsi que « la stratégie dangereuse de la dissuasion nucléaire est surannée » et, l’année suivante, il juge que « la dissuasion nucléaire (…) constitue un obstacle au désarmement nucléaire authentique ».

Il faut néanmoins attendre Benoît XVI pour entendre, dans le discours pontifical, une condamnation ferme de la dissuasion nucléaire. « Que dire des gouvernements qui comptent sur les armes nucléaires pour garantir la sécurité de leurs pays ? », s’interroge-t-il ainsi, en 2006, dans son premier message pour la Journée mondiale de la paix. « Avec d’innombrables personnes de bonne volonté, on peut affirmer que cette perspective, hormis le fait qu’elle est funeste, est tout à fait fallacieuse, continue-t-il. En effet, dans une guerre nucléaire, il n’y aurait pas des vainqueurs, mais seulement des victimes. »

Dans le même temps, la diplomatie pontificale s’engage fermement dans le sens de l’interdiction de l’arme nucléaire. Jusqu’à la lettre de mars dernier du pape François à l’ONU. En des mots clairs et sans ambiguïté, il estime que « l’objectif final de l’élimination totale des armes nucléaires » est « un impératif moral et humanitaire ».

Edité par csv, le 13/09/17 à 17:12

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