Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
11/12/2017 n 13:24
DESARMEMENTn Article n°72.1 n 17:10 n 10/08/17 n Editeur : csv
10 août 2017
France-Culture : le pacifisme est-il devenu inaudible ?


Le 3 août 2017, le "Grain à moudre" sur France-Culture avait pour titre : "Le pacifisme est-il devenu inaudible ?" avec Jean-Marie Muller du M.A.N., Jacques Semelin, historien, directeur de recherches au CNRS (CERI-Sciences Po) et Edith Boulanger, membre du Bureau national du Mouvement de la Paix.

"Le 31 juillet 1914, à la veille de la Première Guerre Mondiale, Jean Jaurès était assassiné. 103 ans plus tard, Jaurès fait figure d'icône politique. Mais que reste-t-il de son engagement pacifiste dans notre société ?"

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Une femme manifeste, le 20 mars 2003, lors d'un rassemblement devant le consulat des Etats-Unis à Marseille pour protester contre le début des opérations militaires en Irak• Crédits : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP - AFP


Réécouter l'émission :



"L’Histoire retiendra-t-elle le Général Pierre de Villiers comme l’homme ayant sacrifié sa carrière au service des armées françaises ? On s’en souvient le mois dernier, après une confrontation pour le moins médiatisée avec le Président de la République, l’ancien chef d’Etat-Major des armées donnait sa démission. L’enjeu ? 850 millions d’euros de coupes budgétaire pour la Défense. Inacceptable pour le Général, qui plaidait au contraire pour une augmentation des moyens de l’armée.

Présenté comme un bras de fer entre les deux hommes, voire comme un test de loyauté, le débat aura finalement très peu porté sur le fond de l’affaire. Faut-il ou non augmenter les moyens de l’armée ?

Il fut un temps où le débat se posait même à l’inverse : faut-il supprimer le ministère de la Défense ? Courant de pensée minoritaire, certes, mais qui savait se faire entendre. Pacifisme et anti-militarisme allaient de pair : mobilisations contre les essais nucléaires, contre les euro-missiles ou encore contre les camps militaires dans le Larzac. Que reste-t-il aujourd’hui de cette idée que s’engager pour la paix c’est d’abord faire « la guerre à la guerre » ?"


Quelques propos tenus pendant l'émission :

Pacifisme ou non-violence

JMM : pacifisme est comme tous les termes en "isme" : il suggère une déformation, comme dans l'intellectualisme. Il laisse entendre que l'on veut la paix à tout prix et notamment au détriment de la Justice. il y a là un simplisme qui n'est pas réaliste. Je préfère le mot de non-violence même si ce dernier pose aussi problème...

Il nous faut récuser l'idéologie dominante qui voudrait que la fin justifie les moyens. Ainsi dans la guerre contre le terrorisme, on utilise des moyens intolérables comme à Alep où l'on a causé destructions sur destructions et tué beaucoup de civils. Nous n'avons pas assez conscience que la guerre n'est jamais juste même si sa finalité peut parfois l'être.

Nous devons combattre l'idéologie de la violence juste, nécessaire et honorable et donner ses chances à la non-violence.

JS : Ce débat a aussi traversé le mouvement de la paix qui a ses origines était très lié au communisme d'URSS. Pacifisme paraît aujourd'hui désuet et négatif, c'est sans doute l'héritage de Munich. Ce que l'on ne sait pas, c'est que Gandhi lui-même a condamné les accords de Munich qui ne faisaient que retarder la guerre.

Le mot "pacifism" est cependant à tonalité plus positive en anglais. Le mot "non-violence" est aujourd'hui peu prononcé, même si nous restons marqués par quelques grandes figures du XXème siècle : Gandhi, Martin Luther King, Mandela...

Après la guerre de 1914-1918, beaucoup de poilus ont parlé du "plus jamais la guerre". De même après les grands meurtres de masse...

La pacifisme est une idéologie qui cherche à supprimer la défense et les armées pour arriver à la paix. la Non-violence est un doctrine de l'action qui vise à résoudre les conflits sans recourir à la violence. Cela ouvre une perspective intéressante.

EB : le "pacifisme" est toujours d'actualité mais on préfère aujourd'hui parler "d'acteurs de paix". La paix se construit. Pacifisme peut paraître aujourd'hui hors-sol ou idéologique alors que nous sommes des acteurs "de terrain". On n'est pas dans la paix à tout prix car il y a un lien entre les moyens et la fin.

Peut-on isoler les question de la guerre et de la paix ?

EB : On a peu commémoré l'anniversaire de l'assassinat de Jaurès. Je ne crois pas que son héritage se soit dilué mais les médias en parlent peu. Il existe aujourd'hui une guerre économique, une guerre sociale (les accidents du travail...). Le combat pour la paix touche aussi aux droits de l'homme, au logement, au développement. Il touche à tous les domaines et en premier à l'éducation. Les conflits ne sont pas durablement résolus par la guerre et l'humiliation des vaincus amène de nouvelles guerres.

La presse relaie le sensationnel et la fabrique de l'ennemi et trop peu les valeurs à promouvoir comme celles de la culture de la paix et de la non-violence.

JMM : Le travail sur l'individu ne peut pas être séparé du domaine social ou de la politique internationale. On ne peut pas faire de frontières entre tous ces domaines.

JS : Jaurès avait développé l'idée de solidarité entre les peuples (français et allemands). Cette idée, on la voit aujourd'hui dans le domaine de l'écologie ou de la protection des journalistes en Turquie, mais pas dans le domaine de la paix qui reste un impensé de notre époque.

Beaucoup de gens veulent être acteurs de la paix dans leur vie. ça leur donne du sens, par exemple dans l'aide à des populations défavorisées... Nous sommes dans des sociétés déchirées par de fortes injustices et par des peurs énormes comme celle de la peur de l'étranger ou celle du terrorisme...

On parle aujourd'hui de "paix structurelle" qui n'est pas sans lien avec le développement durable.

La fin des grands mouvements pacifistes ?

JS : Les grands mouvements pacifistes ont été marqués par une polarisation et un antagonisme fort : France/Allemagne jusqu'à la deuxième guerre mondiale puis guerre froide. Aujourd'hui les menaces sont plus dispersées ce qui rend difficile la construction d'un grand mouvement pour la paix.

Le dernier grand mouvement de paix que nous avons connu date de la première guerre du Golfe en Irak. Il a mobilisé dans toute l'Europe et aux Etats-Unis et cette cause était légitime comme l'ont montré les dégâts catastrophiques qui ont résulté de l'intervention des USA en Irak.

Il n'y a plus aujourd'hui de grands mouvements de masse mais on observe beaucoup de jeunes engagés dans des mouvements de médiation, de réconciliation, de non-violence même si celle-ci reste sous-estimée et peu visible.

JMM : les faits montrent qu'il y a aussi toute une mobilisation citoyenne qui vise à la réconciliation.

Les armes nucléaires

JMM : On veut faire des économies de bouts de chandelle avec le social tandis que l'on dépense des milliards pour les armes nucléaires...

EB : Les budget des armes nucléaires va doubler en 110 ans et en période d'austérité. L'armement nucléaire est la négation de toutes les valeurs éthiques de la civilisation.

JS : René Girard a bien montré comment avec le risque de l'apocalypse nucléaire, les hommes étaient acculés à la réconciliation. Nous sommes dans un moment tragique de l'Histoire avec cette possibilité permanente de destruction nucléaire même si on fait comme si elle n'existait pas.

Le terrorisme

JMM : Le terrorisme n'est pas la guerre qui est l'affrontement de deux armées ou de deux états. les terroristes sont des individus qui se rient de nos armes nucléaires.

JS : Le terrorisme vise à susciter chez nous de la peur de la division mais on voit bien que cela ne marche pas si bien. Dans ce contexte, tout ce qui va contribuer à créer du lien social contribue à préparer la paix.

La non-collaboration

JMM : face par exemple au problème majeur des Palestiniens, il y a une possibilité de non-collaboration avec les politiques d'occupation de l'Etat d'Israël, avec le boycott international BDS (Boycott, désinvestissement, sanction), avec une dimension de désobéissance civile alors que nos gouvernement tendent de plus à plus à sanctionner ces actions...



Edité par csv, le 10/08/17 à 19:28

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