Conflits Sans Violence

Refuser la violence, dénouer le conflit

Mouvement pour une Alternative Non-violente - RODEZ
19/03/2019 n 17:22
DESARMEMENTn Article n°53.1 n 19:28 n 08/11/16 n Editeur : csv
8 novembre 2016
Coller des autocollants sur une vitrine serait-il plus
grave que préparer la guerre nucléaire ?


Le 6 août 2016, à l'occasion du jeûne international contre l'armement nucléaire, des militants souhaitaient interpeller les candidats aux élections présidentielles sur le sujet de l’arme nucléaire, à l’occasion de la commémoration d’Hiroshima et Nagasaki. Ils passaient au tribunal le 7 novembre 2016 pour quelques autocollants collés sur la façade des Républicains à Paris et une inscription à la craie effaçable.

Le procureur demande 1000 € et considère que « coller des autocollants c’est violent » !Assurément, pour lui, coller des autocollants sur une vitrine est plus grave que préparer la guerre nucléaire...


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Dans diverses villes de France, des autocollants ont été posés sur les vitrines de permanences des Républicains et du parti Socialiste (ici à Grenoble)


RAPPEL : du 6 au 9 août 2016, s'est déroulé le jeûne-action contre l’arme nucléaire, à l’occasion de l’anniversaire des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, organisé comme chaque année par le collectif « Armes nucléaires stop » et soutenu par le Réseau Sortir du nucléaire, le Mouvement de la Paix, le collectif des Désobéissants, le Mouvement pour une Alternative Non-violente et la Maison de vigilance.

A cette occasion, des militants se sont retrouvés devant le siège des Républicains à Paris pour une action exprimant leur refus des armes nucléaires et dénonçant le coût exorbitant de leur modernisation, alors même que 123 États viennent d’adopter lors de l’Assemblée générale de l’ONU l’ouverture des négociations d’un traité d’interdiction des armes nucléaires à l’ONU.

Les Républicains sont un soutien inconditionnel de l’arme nucléaire, les candidats à la présidentielle annoncent même vouloir passer le budget pour le renouvellement de l’arsenal atomique de 3,5 à plus de 6 milliards d’euros par an.

Lors de l’action, Rémi et Sophie ont été interpellés et privés de liberté plus de 28h pour avoir inscrit à la craie « Non au financement de l’arme nucléaire ! » et pour avoir collé 8 autocollants « abolition des armes nucléaires » sur la vitre du local du parti.Les militants avaient rendez-vous avec la justice ce lundi 7 novembre, en espérant pouvoir faire de ce procès celui de l’arme nucléaire…

C’était sans compter sur la volonté de la présidente du tribunal de faire taire les inculpés sur leurs revendications d’un monde de Paix débarrassé des engins de mort. Celle-ci a même failli faire interrompre l’audience au moment où Patrice Bouveret (de l’Observatoire des armements), cité comme témoin par les prévenus, voulait s’exprimer sur le danger que représente la prolifération nucléaire dans le monde, et la violation manifeste par la France du Traité de non-prolifération nucléaire.

Le procureur de la République, quant à lui, a considéré que « coller des autocollants est un acte de dégradation grave, et violent » en expliquant que les pacifistes étaient « dans l’idéologie et le refus de dialogue ». Quand un des militants poursuivis expliqua qu’il était regrettable que les dirigeants politiques responsables de la prolifération nucléaire n’étaient jamais poursuivis par les tribunaux, la présidente du tribunal lâcha « ainsi va le monde ». Il a demandé 500 € d’amende par personne. Le tribunal rendra sa décision le 21 novembre prochain.

« La droite française soutient de manière inconditionnelle l’arme atomique, depuis le premier essai nucléaire réalisé le 13 février 1960 sous la présidence de Charles de Gaulle. L’utilisation d’armes nucléaires est un crime contre l’humanité! Les victimes des essais nucléaires français se comptent par milliers, en Algérie et en Polynésie particulièrement. De nombreux anciens militaires sont malades du fait de leur exposition à la radioactivité. C’est véritablement un scandale de se retrouver aux tribunal pour quelques autocollants antinucléaires ! », s’indigne Rémi Filliau, un des prévenus.

« La justice s’acharne sur des militants non-violents qui dénoncent l’arme nucléaire! On voit bien où sont les priorités des politiciens qui nous gouvernent », poursuit le militant.

Des actions ont eu lieu dans plusieurs villes de France le samedi 5 novembre, en solidarité avec les militants poursuivis.

D'après des infos du MAN et des désobéissants.


A NOTER

La pétition du MAN "France sans armes nucléaires" a recueilli près de 11 000 signatures et sera prochainement remise aux autorités.



Edité par csv, le 08/11/16 à 20:01

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